Avec notre envoyé spécial à Katmandou, Nicolas Rocca
Lorsque Rachana Khatiwada nous accueille dans son appartement. Aux murs, sur les tables, trônent des photos de son fils Rasik. Mort à 22 ans le 8 septembre 2025 au pic des manifestations. « Mon fils n’était pas armé. Il avait un panneau qui disait : « nous voulons des leaders, pas des pillards, des corrompus ». On lui a tiré deux balles dessus, une à la poitrine, une autre à l’abdomen. La commission d’enquête nous a invités à témoigner, on l’a fait, mais maintenant elle doit nous donner la vérité… et on attend encore. »
« Je suis en colère contre l’ex-Premier ministre KP Oli, continue Rachana Khatiwada. Quand les corps étaient à la morgue, plutôt que de venir nous voir, nous les familles, pour nous présenter ses condoléances, il a préféré dire que tous les manifestants étaient des terroristes. »
Un ancien Premier ministre poussé à la démission mais qui se présente quand même lors de ce scrutin. Tout comme Rachana Khatiwada qui a décidé de rejoindre la liste de Balendra Shah pour devenir députée. Elle considère que cet ex-rappeur de 35 ans, ancien maire de Katmandou, porte les valeurs du mouvement de la génération Z. « Je ne voulais pas devenir politicienne, mais cela a changé une fois que mon fils est devenu un martyr. Et je sais très bien pourquoi il allait manifester : pour une bonne gouvernance, une vraie lutte anticorruption et des opportunités professionnelles. »
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