« Nègre », « bougnoule »… Une enquête a été ouverte après que des propos racistes et misogynes ont été tenus par des policiers municipaux de Carcassonne lors d’une patrouille involontairement filmée, a appris ce mercredi 9 septembre BFMTV, auprès du parquet de la ville, confirmant une information de Midi Libre.
Avant de commencer les 6 heures de patrouille, en novembre 2025, avec ses trois collègues, le chef d’équipe décide d’essayer sa caméra-piéton. Il pense l’avoir éteint, mais l’engin reste allumé et filme l’intégralité de la ronde des policiers qui est parsemée de déclarations racistes, misogynes et putschistes.
« Ils roulent vite ces bougnoules »
Dans les images, récupérées par Midi Libre, une grande partie des propos racistes et misogynes sont dits par le chef d’équipage qui, selon le quotidien régional, est un ancien parachutiste au IIIe RPIMa et prête la main au département protection sécurité (DPS), le service d’ordre interne du Rassemblement national.
Dès le début de la patrouille, l’homme lance en croisant des personnes d’origine maghrébine: « Ils roulent vite ces bougnoules ». Plus tard, alors qu’il passe par le centre-ville de la cité audoise, le policier déclare ulcéré: » J’en peux plus en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan ».
L’un des collègues du chef n’est pas en reste non plus. Au moment de croiser une personne en voiture, l’agent persifle: « C’est un bougnoule qui pue le kebab ».
« Un petit Kirikou de la savane »
Les diatribes s’accumulent durant la soirée de l’équipage menant une patrouille calme. La soirée s’accélère un peu lorsqu’une dame les contacte pour leur signaler par téléphone qu’elle a percuté une bête avec sa voiture.
« C’est peut-être un migrant (…) Un petit Kirikou de la savane, il est venu en France et il est percuté par un véhicule », déclare alors le chef d’équipe en se lançant dans une imitation d’un accent africain. Un collègue le contacte alors pour faire le point sur cette intervention. Un des policiers lui répond alors: « Une vieille a percuté un bougnoule apparemment ».
Le reste de la patrouille est du même acabit avec en plus un florilège de propos sexistes et putschistes. « Il nous manque un général à grosses couilles, un p’tit coup d’État, une petite dictature en France, ça ne ferait pas de mal », assure par exemple un des policiers.
Pour l’heure, les investigations se poursuivent. Le maire RN de la ville, Christophe Barthès, n’a pour l’instant pas réagi à la diffusion de cette vidéo.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé a réagi ce mercredi matin sur RMC, dénonçant « des propos qui sont absolument inacceptables ». « Il n’y a aucune liberté d’expression quand on parle de racisme, c’est un délit », a-t-elle rappelé.
Article original publié sur BFMTV.com



