- Les mutuelles santé sont accusées d’avoir augmenté leurs tarifs de manière illégale.
- Malgré leur encadrement par une loi, les cotisations sont en hausse de 106 euros en moyenne cette année selon Que Choisir Ensemble. Comment cela est-il justifié ?
- Une équipe du JT de TF1 s’est penchée sur la question, consensuelle auprès des consommateurs.
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S’il y a bien un sujet qui fait l’unanimité sur la place des Héros à Arras (Pas-de-Calais) ce mercredi 29 avril, c’est l’augmentation du prix de leur complémentaire santé. « Cinq, sept, huit euros… ça fait un sacré paquet de sous »
, constate Louis, dans le reportage du 13H de TF1 ci-dessus. « Cela faisait déjà un moment que je voulais changer et je me suis dit que c’était le bon moment »
, ajoute le septuagénaire pour justifier sa décision.
Selon Que Choisir Ensemble, les mutuelles ont bien pratiqué des augmentations de leurs cotisations en 2026. En effet, la quasi-totalité des plus de 4.000 personnes interrogées a observé une hausse de tarif de leur complémentaire santé, de 106 euros en moyenne sur un an.
L’association de consommateurs dénonce même une augmentation de 25% en trois ans. Par exemple, un couple de retraités ne paie plus 240 euros par mois, mais désormais 300 euros de complémentaire.
Comment les mutuelles justifient-elles cette hausse ?
« Leur argument, c’est de dire qu’il y a des transferts de charges de la part de l’assurance maladie obligatoire vers les complémentaires santé et qu’il y a une augmentation des dépenses de santé
, explique Benjamin Recher, chargé des relations institutionnelles France chez Que Choisir Ensemble. C’est vrai, mais pas dans les mêmes proportions que l’augmentation du coût des complémentaires santé et c’est bien ça le problème. »
Mais pourquoi y a-t-il des augmentations alors que la loi de financement de la Sécurité sociale les a interdites pour 2026 ? Le député socialiste Jérôme Guedj, à l’origine de l’amendement, ne décolère pas et propose de réformer le système. « Il s’agit d’intégrer ce que font les complémentaires dans la Sécurité sociale. Et ce n’est pas une idée incongrue parce qu’on ne le sait pas, mais ça existe depuis quatre-vingt ans dans le régime local d’Alsace-Moselle »
, propose le député de l’Essonne.
De fait, « vous n’auriez qu’un seul interlocuteur et des cotisations de complémentaires qui baissent »
, assure également Jérôme Guedj. En attendant, les organismes complémentaires, détenus en partie par des banques, considèrent que le gel des tarifs est inconstitutionnel et contrevient à leur liberté d’entreprendre. Le gouvernement a donc saisi le Conseil d’État pour trancher.











