Elon Musk a perdu son retentissant procès en Californie contre les créateurs de ChatGPT, qu’il accusait d’avoir détourné ses dons pour bâtir un géant commercial de l’IA et trahir leur vocation non lucrative originelle.
Après trois semaines d’audiences hors du commun, marquées par l’interrogatoire de cinq milliardaires de la Silicon Valley, un jury populaire a tranché en deux heures en faveur d’OpenAI et de son emblématique patron, Sam Altman.
Motif? Le patron de SpaceX, qui a annoncé vouloir faire appel, a agi hors des délais légaux. Il avait assigné ses anciens protégés en 2024, soit plus de cinq ans après le virage commercial d’OpenAI, créé fin 2015 comme une fondation à but non lucratif.
La cour fédérale d’Oakland, près de San Francisco, « confirme qu’elle accepte les conclusions du jury comme siennes », a déclaré sans attendre la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers. L’avis du jury n’était que consultatif mais la magistrate, qui a tenu d’une main ferme ce procès sous haute tension, avait déclaré qu’elle le suivrait sur cette question préalable.
Sur son réseau social X, l’homme le plus riche du monde a fustigé une « juge militante » qui s’est servie du jury « comme alibi » pour créer un « épouvantable précédent » qui offrirait, selon lui, « un permis de piller des organisations caritatives » en dissimulant les faits pendant trois ans.
Ce verdict « confirme que cette assignation était une tentative hypocrite de saboter un concurrent et d’effacer un long historique de prédictions très erronées sur ce qu’OpenAI était et deviendra », a pour sa part réagi l’avocat de l’entreprise, William Savitt, à la sortie du tribunal.
Le jury n’a donc pas eu à trancher le noeud de la discorde entre Elon Musk et Sam Altman, son ancien protégé devenu ennemi juré et puissant concurrent: les 38 millions de dollars de dons accordés par Musk aux cofondateurs d’OpenAI ont-ils été détournés pour s’enrichir et trahir la promesse de développer une IA bénéfique pour toute l’humanité?
Cette question a été au coeur des 12 journées d’audiences, où se sont étalées les querelles intestines des pionniers américains de l’IA, s’appuyant sur une masse de conversations et documents dévoilant les coulisses d’une Silicon Valley assise sur des milliards de dollars de capitaux.
Si la cour avait donné raison à Musk, la croissance d’OpenAI aurait pu être lourdement handicapée, en pleine compétition avec Anthropic, Google ou encore xAI, le propre laboratoire de Musk. A l’inverse, cette « importante victoire ouvre la voie à une introduction en Bourse en écartant cette épée de Damoclès judiciaire », a réagi l’analyste financier Dan Ives, décrivant ce procès comme « un mauvais feuilleton ».











