- Mardi, quatre tableaux ont été dérobés au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes).
- Trois d’entre elles sont classées MNR (« Musées Nationaux Récupération »).
- Un statut donné à des œuvres retrouvées en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale et non restituées à leur propriétaire.
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C’est un cambriolage qui relance la question de la sécurisation des musées français. Deux voleurs se sont introduits mardi 8 septembre à l’aube dans le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et ont dérobé quatre tableaux placés en dépôt par le musée d’Orsay depuis 1995 et exposés dans la Chambre Gangnat.
Selon le maire et la police, les malfaiteurs qui sont toujours en fuite à cette heure ont abandonné deux des quatre tableaux dans le jardin du musée Renoir au cours de leur fuite : Coco lisant
et le Portrait de Madame Stephen Pichon
. Les deux autres tableaux sont donc activement recherchés : il s’agit de Madame Colonna Romano
et Jeune femme au puits
.
100.000 biens culturels récupérés en Allemagne
Parmi ces œuvres, trois d’entre elles sont classées MNR (pour « Musées Nationaux Récupération »). Ce statut particulier a été créé par le décret du 30 septembre 1949 pour les quelque 100.000 biens culturels récupérés en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Spoliés à des juifs ou achetés en France sous l’Occupation, leurs propriétaires n’ont pu être identifiés.
L’État les conserve donc à titre de détenteur provisoire pour le compte de leur propriétaire légitime. Environ 2.200 œuvres ont été confiées à la garde des musées nationaux au début des années 1950.
Plus de 80 ans après la fin de la guerre, le repérage des propriétaires est de plus en plus difficile
Plus de 80 ans après la fin de la guerre, le repérage des propriétaires est de plus en plus difficile
François Blanchetière
En mai dernier, le musée d’Orsay (nouvelle fenêtre) à Paris a d’ailleurs ouvert une salle consacrée aux œuvres spoliées par les nazis afin de transmettre la mémoire de cette période. Des tableaux de Renoir, Degas et Boudin, mais aussi de peintres plus méconnus, sont désormais exposés dans une salle, intitulée « À qui appartiennent ces œuvres ? ».
Le Musée d’Orsay conserve encore 225 des quelque 2.200 œuvres confiées aux musées français dans le cadre du programme MNR. « Plus de 80 ans après la fin de la guerre, le repérage des propriétaires est de plus en plus difficile »
, a expliqué à l’AFP François Blanchetière, conservateur en chef pour la sculpture au musée. Mais, le processus de traçabilité des œuvres se poursuit, notamment par Internet et avec l’intelligence artificielle, une trentaine de dossiers étant en cours d’examen en France.
« C’est un véritable travail d’enquête, parfois très complexe »
, souligne l’experte Inès Rotermund-Reynard, chargée du dossier à Orsay. Comme en témoignent les recherches pour déterminer la provenance du Souper au bal
, un tableau d’Edgar Degas acheté par un collectionneur juif qui sera déporté à Auschwitz, mais revendu à une date inconnue puis acquis par un musée allemand.
Début avril, la Cour suprême de l’État de New York a ordonné la restitution d’un tableau de Modigliani, spolié pendant la guerre à un antiquaire juif britannique, à son unique héritier, un agriculteur français installé en Dordogne.



