Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a appelé vendredi ses partisans à faire bloc contre « l’union des droites » incarnée selon lui par Rachida Dati, qui ne pourra pas « être élue sans les voix de l’extrême droite ».
« Ouvrir les portes de l’Hôtel de Ville à Rachida Dati, c’est laisser entrer les idées de l’extrême droite par la porte dérobée », a-t-il lancé devant près d’un millier de personnes au parc de Belleville (20e), dans une ambiance survoltée.
« Nous devons nous mobiliser ensemble, dans les urnes, pour battre l’union des droites à Paris! J’utilise ce terme, union des droites, parce qu’il est le seul qui décrit réellement ce qui est en train de se passer », a-t-il ajouté, expliquant que « si Rachida Dati est élue maire de Paris, elle sera redevable à Sarah Knafo et à Marine Le Pen ».
Rachida Dati, candidate de l’union du centre et de la droite, a refusé toute alliance avec l’eurodéputée d’extrême droite Sarah Knafo, qui s’est désistée malgré sa qualification au second tour (10,4%).
Elle a préféré faire alliance avec le centriste Pierre-Yves Bournazel, qui a créé la surprise en quittant la vie politique parisienne.
Mais le retard de plus de 12 points de Mme Dati sur son adversaire Emmanuel Grégoire nécessite un report de voix des électeurs de la zemmouriste.
Elle a par ailleurs reçu le soutien du président du Rassemblement national Jordan Bardella, tandis que Marine Le Pen a appelé à « faire barrage » à M. Grégoire, la gauche ayant selon elle une « responsabilité dans le système qui a permis des agressions contre tant d’enfants pendant tant d’années ».
« Il y a eu un 21 avril, le jour où Jean-Marie Le Pen a accédé au second tour de l’élection présidentielle. (…) Il n’y aura pas de 22 mars », a lancé Emmanuel Grégoire.
Dans le public, de nombreux élus parisiens, les têtes de liste d’arrondissements, ainsi que des personnalités de gauche comme le sénateur écologiste Yannick Jadot.
Dramatisant l’enjeu, Emmanuel Grégoire a convoqué l’ex-maire de Paris Jacques Chirac.
« Que dirait-il s’il voyait ses principes bafoués pour espérer la victoire, quel qu’en soit le prix ? », a interrogé M. Grégoire, avant de s’en prendre à Emmanuel Macron, qu’il soupçonne d’avoir orchestré le retrait de la zemmouriste au profit de Mme Dati.
« Le voilà l’héritage d’Emmanuel Macron, l’union de la droite et de l’extrême droite! (…) Où sont passées leurs valeurs? », a-t-il lancé.
Aux électeurs de l’insoumise Sophia Chikirou, avec qui M. Grégoire a refusé de s’allier, il a expliqué que « l’union, ça se fait dans le respect de l’autre, et pas dans l’invective ou la menace ».
hdu/mat/dth











