Le patron des Républicains Bruno Retailleau a appelé jeudi au rassemblement derrière son candidat à Nîmes, plus grande ville LR et détenue par la droite depuis près de 25 ans, mais qui pourrait basculer face à une gauche rassemblée, une droite éparpillée et un RN à l’offensive.
Après la déroute de LR dimanche lors d’une partielle en Haute-Savoie face à un candidat ciottiste, allié au Rassemblement national, l’ancien ministre de l’Intérieur est venu soutenir Franck Proust, à qui incombe la lourde tâche de conserver la dernière ville de plus de 100.000 habitants dirigée par un LR.
Dans cette ville pauvre malgré le prestige de ses monuments antiques, où des quartiers entiers sont gangrénés par le narcotrafic, le maire Jean-Paul Fournier, 80 ans, a décidé de ne pas se représenter, ouvrant la voie à une bataille de succession fratricide.
D’un côté, il y a donc Franck Proust, 62 ans, actuel premier adjoint au maire, président de la communauté d’agglomération Nîmes Métropole et ancien député européen soutenu par LR, Horizons, UDI, et le parti Nouvelle Energie du maire de Cannes, David Lisnard.
De l’autre, Julien Plantier, 40 ans, ex-premier adjoint entré en dissidence début 2025, tête de liste au côté de Valérie Rouverand (Renaissance).
« Nîmes est un enjeu très particulier, puisque chaque voix qui se dispersera ira à la gauche radicale », a expliqué jeudi après-midi Bruno Retailleau, arrivé sous une pluie battante avec Franck Proust dans un bar PMU des hauteurs de Nîmes.
Franck Proust, dont il a vanté le « rayonnement » et les « réseaux », est « le seul candidat de la droite et du centre », a dit l’ancien ministre, fustigeant les « ambitions personnelles » et le manque d’expérience du « macroniste » Julien Plantier.
– « Pas d’expérimentation » –
« La sécurité est mieux assurée par la droite et le centre. Vous imaginez Nîmes gouvernée par la gauche radicale et LFI? Ca serait le déclassement », a aussi estimé le patron de LR, passé quelques minutes derrière le comptoir du bar-tabac pour une séance photo.
« Nîmes n’a pas besoin d’expérimentation », a-t-il aussi estimé, visant cette fois le Rassemblement national.
« Je sais pourquoi beaucoup d’électeurs de droite, du centre aussi, ont basculé. C’est parce que nous étions jadis une droite honteuse. Quand j’étais au ministère de l’Intérieur (…) j’ai assumé de dire que l’immigration, ça n’était plus une chance, parce que nos capacités d’accueil étaient totalement dépassées », a déclaré un peu plus tard devant la presse M. Retailleau, qui poursuit sa tournée vendredi à Marseille.
Face à la rivalité Proust-Plantier, la gauche peut espérer la victoire grâce à une liste d’union, à l’exception de LFI, menée par le communiste Vincent Bouget, enseignant de 46 ans qui souhaite un développement mieux partagé entre son prestigieux coeur historique et les quartiers périphériques, au taux de pauvreté record.
La venue à Nîmes de Bruno Retailleau « est le signe d’une fébrilité réelle dans le camp » Proust, analyse pour l’AFP M. Bouget.
« On sent que c’est la fin d’un cycle, que les divisions de la droite sont la conséquence d’un projet qui est très essoufflé. On sent beaucoup l’envie de changement dans cette ville et l’issue peut être terrible si c’est le RN. Mais nous n’y croyons pas », confie-t-il.
Le Rassemblement national, qui a remporté les six sièges de députés du Gard lors des dernières législatives, a lancé dans la bataille l’une de ses figures de proue, son vice-président et député européen Julien Sanchez, 42 ans.
« Nous sommes aujourd’hui dans une situation grave puisque l’extrême gauche peut légitimement gagner la ville de Nîmes en raison de la bêtise et des egos de la droite sortante », a martelé lors de l’annonce de sa candidature M. Sanchez, qui fut pendant dix ans, jusqu’en 2024, maire de Beaucaire, quatrième ville du Gard.
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