Fin de suspense : le Conseil d’État a rejeté les recours de La France insoumise (LFI) et de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, confirmant leur classification respectivement à « l’extrême gauche » et à « l’extrême droite » pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026.
Jugés pour leurs alliances
« Le Conseil d’État ne porte pas de jugement sur le programme politique ou l’étiquette politique des candidats aux élections », a noté la plus haute juridiction administrative dans un communiqué publié ce vendredi soir.
Afin de justifier ses choix, le Conseil invoque les « alliances observées pour ces élections », sans entrer dans le détail : l’UDR étant alliée au Rassemblement national, déjà classé à l’extrême droite, et LFI, investissant parfois des candidats face à la gauche « unitaire » – composée du PS, du PCF ou des Écologistes.
Dans l’ensemble, les membres du Conseil ont validé le découpage du paysage politique en six » blocs de clivages » – extrême gauche, gauche, divers, centre, droite et extrême droite – « en fonction de leur positionnement politique.
LFI ulcérée
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, qualifie sur X de « particulièrement indigente » la décision rendue ce vendredi. Il regrette « que les juges n’aient pas eu le courage de dénoncer l’usage à des fins politiciennes des étiquettes politiques. Car c’est normalement son rôle de résister aux dévoiements des décisions administratives par un pouvoir macroniste qui aura définitivement sali tout ce qu’il touche ». Une publication partagée par le fondateur du mouvement, Jean-Luc Mélenchon.
Les cadres de l’UDR n’ont pas encore commenté cette décision.
Une campagne secouée par les polémiques
C’est la première fois que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui se définit comme de gauche radicale, est classé à l’extrême gauche depuis sa création en 2016. Jusqu’à présent, la France insoumise – qui porte un programme de rupture avec le capitalisme – était classée à gauche, comme l’avait confirmé une décision du Conseil d’État en 2024.
Mais le ministre de l’Intérieur en a décidé autrement dans une circulaire publiée le 2 février. LFI a ainsi été requalifiée en raison de sa « remise en cause très forte de l’autorité judiciaire » et de ses « accusations systématiques » contre « la police [qui] tue », des éléments que Laurent Nuñez considère comme des preuves d’« une évolution vers une forme de radicalité », avec « des appels à la désobéissance civile ».
Le ministre de l’Intérieur a même affirmé que le mouvement « s’éloigne un peu de nos valeurs universalistes républicaines en donnant la primauté aux aspects communautaires et identitaires « .
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