L’une veut augmenter la pression, l’autre cherche à la faire redescendre. Pendant que Sarah Knafo pousse à nouveau ce lundi 9 mars pour une « union » des droites aux municipales à Paris, Rachida Dati, qui a assuré qu’une telle option n’était « pas possible », appelle les électeurs à « voter utile » au premier tour.
« Les Parisiens sont avec nous. Ils attendent l’alternance. Maintenant, nous y arriverons à une seule condition: en nous unissant. Personne ne peut gagner seul. La seule stratégie qui conduise à la victoire, c’est l’union, c’est mathématique », a déclaré la première dans une interview pour Le Figaro.
La seconde, interrogée par Franceinfo le même jour, a plutôt enjoint les Parisiens à « voter utile pour le changement dès le premier tour », jugeant par ailleurs que l’alternance « doit être portée par la droite et le centre ». Une stratégie impliquant une main tendue, non pas à l’eurodéputée Reconquête, mais à Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons soutenu par Renaissance.
Knafo propose une fusion des listes
Dans la dernière ligne droite, Sarah Knafo a le vent en poupe. Un sondage Elabe pour BFMTV, publié ce samedi, crédite la députée européenne d’extrême droite de 13,5% des intentions de votes au premier tour, prévu le 15 mars.
Ce score lui permettrait de se qualifier pour la seconde manche, organisée le 22 mars, contrairement à ce qu’annonçaient les premières études d’opinion au début de sa campagne.
De quoi mettre en difficulté Rachida Dati. Placée à 26,5% dans le sondage Elabe, derrière le socialiste Emmanuel Grégoire (32%) – mais devant Sarah Knafo, Pierre-Yves Bournazel (12%) et l’insoumise Sophia Chikirou (10,5%), chacun en position de passer le premier tour – l’ex-ministre de la Culture est donnée gagnante dans une seule configuration au second tour: celle d’une triangulaire avec Emmanuel Grégoire et Sophia Chikirou.
Elle récolterait 47% des voix contre 40% et 13% pour ces deux adversaires de gauche. Seulement, cette hypothèse impliquerait un retrait de Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo.
D’où la pression mise par cette dernière à Rachida Dati. « Je lui propose une fusion de nos listes, un accord sur le programme », explique-t-elle au Figaro, étant prête à se retirer après le premier tour « dans le cadre d’une alliance ».
Rachida Dati craint de perdre le centre-droit
« Je ne peux pas faire une alliance avec Madame Knafo, avec Reconquête. Ça n’est pas possible », a déclaré Rachida Dati jeudi dernier sur CNews. La maire du VIIe arrondissement de la capitale considère que certaines alliances « vous feront plus perdre que gagner », craignant de perdre des électeurs au centre-droit et dans son propre « socle politique ».
« Mme Knafo siège au Parlement européen avec l’AfD et des parlementaires européens qui se considèrent, qui se proclament comme étant néo-nazis, il ne faut pas l’oublier. Elle vient du parti Reconquête, parce qu’on semble l’oublier », avec les « dessins animés » de campagne de Sarah Knafo, a taclé l’ex-ministre de la Culture.
Questionnée sur les déclarations de Rachida Dati à CNews, l’intéressée a répondu au Figaro: « Espérons que ces propos ne sont qu’une tactique de premier tour. Ils attendent tous les soirs du premier tour pour nous dire s’ils feront alliance. Mais l’électeur de droite ne peut pas se payer ce luxe. Le matin du vote, il a besoin d’une certitude: que son vote servira à battre la gauche. Moi, je lève ce doute: voter pour moi, c’est faire gagner la droite. »
Article original publié sur BFMTV.com












