Il y a quelque chose de poisseux dans cette campagne pour les élections municipales à Paris. A un mois du scrutin, prévu les 15 et 22 mars, les six candidats principaux à la succession d’Anne Hidalgo (Parti socialiste, PS) sont comme englués dans les marnes boueuses du sol parisien, figés sur des positions qui n’évoluent guère. Débats budgétaires interminables au Parlement, scandales dans le secteur périscolaire, affaires judiciaires, accusations mutuelles de complaisance envers les extrêmes… les sujets controversés émaillent la campagne et empêchent le développement de dynamiques et de débats constructifs.
Après l’arrivée de la dernière concurrente dans la course, Sarah Knafo (Reconquête !), qui s’est déclarée le 7 janvier, la photographie sur la ligne de départ était attendue. Au PS, l’ancien adjoint à la maire, Emmanuel Grégoire (2014-2024), qui se prépare depuis 2020, a remporté la primaire interne et veut incarner la relève. Il a même réussi une performance politique inédite à Paris : rallier toute la gauche, hors La France insoumise (LFI), derrière sa candidature pour ne présenter qu’un nom aux Parisiens le 15 mars. Malgré cela, le député de Paris, d’un naturel plutôt réservé, peine à imprimer dans l’opinion : il reste peu connu et a du mal de se départir de ses habits de numéro deux, lui qui a été chef de cabinet de Bertrand Delanoë à l’Hôtel de Ville (2010-2012) puis de Jean-Marc Ayrault à Matignon (2012-2014) et premier adjoint d’Anne Hidalgo (2018-2024).
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