Un rapport des services du renseignement kényans a dévoilé l’existence d’un vaste réseau de corruption, destiné à recruter et envoyer en Russie des Kényans attirés par des promesses d’emploi et qui finissent par combattre du côté russe en Ukraine. Mille hommes auraient été concernés, et 89 seraient encore actifs en première ligne sur le front de la guerre russo-ukrainienne, détaille le principal quotidien du Kenya, The Nation.
Carte du Kenya. COURRIER INTERNATIONAL
Le journal révèle un système minutieusement organisé à travers toute la capitale Nairobi, impliquant des agences de recrutement illégales, des membres du personnel aéroportuaire corrompus, d’autres de la Direction des enquêtes criminelles ainsi que des agents de l’unité antinarcotiques et de l’Autorité nationale de l’emploi.
Le collectif d’investigation All Eyes on Wagner avait déjà tenté d’estimer, dans une récente enquête, l’ampleur du recrutement de ressortissants africains envoyés combattre illégalement en Ukraine. Elle avait abouti à une liste a minima de 1 417 ressortissants issus de 35 pays africains, dont une majorité provenait d’Égypte. Puis à une seconde liste de 316 morts au combat. Les nouvelles données des renseignements kényans viennent aggraver ces estimations et placer le pays au premier rang des États concernés sur le continent.
Au cœur de l’engrenage
Les profils, comprenant d’anciens militaires et policiers, et plus généralement des “Kényans désespérés âgés de 20 à 50 ans”, sont variés. Ils ont été attirés par la promesse de salaires mensuels atteignant 350 000 shillings kényans (2 300 euros, sachant que le salaire kényan moyen est de 15 201 shillings kényans, soit 100 euros), assortis de primes à hauteur de 900 000 shillings kényans (5 900 euros). Ces rémunérations ne leur ont été versées que “dans de rares cas”, précise The Nation.
Festus Arasa Omwamba, propriétaire d’une des principales agences illégales de recrutement mentionnées par le rapport, est considéré comme le “cerveau kényan” des opérations, ajoute le journal.
Une fois inscrits, les hommes recrutés quittent le Kenya avec des visas de tourisme en passant “par Istanbul, en Turquie, et les Émirats arabes unis”. Mais après une augmentation du nombre d’interceptions, notamment à l’aéroport international Jomo-Kenyatta, à Nairobi, ils ont été redirigés vers d’autres itinéraires, transitant par l’Ouganda, la République démocratique du Congo (RDC) et l’Afrique du Sud. The Nation ajoute :
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