- Le tribunal correctionnel de Nice doit se prononcer ce mercredi 5 août sur le procès Jean Pormanove, le streamer mort en direct en août 2025.
- Les vidéastes Naruto et Safine, accusés d’avoir mis en place « un système de maltraitance », risquent la prison et un « bannissement à vie » des plateformes.
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Mort en direct du streamer Jean Pormanove
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Y a-t-il eu « un système de maltraitance »
mis en place dans les violences et humiliations en ligne ayant précédé la mort en direct de Jean Pormanove en août 2025 ? Ce sont les faits dénoncés début juillet par le parquet de Nice, sur lesquels va statuer ce mercredi 5 août le tribunal correctionnel de la ville. À partir de 13h30, les streamers Owen Cenazandotti, alias « Naruto », et Safine Hamadi, dit « Safine », vont savoir s’ils sont déclarés coupables de violences et d’humiliations infligées à Raphaël Graven, alias « Jean Pormanove » ou « JP », et à Stéphane G., alias « Coudoux », quadragénaire sous curatelle, au cours de milliers d’heures de live entre 2023 et 2025 sur les plateformes Twitch puis Kick.
La procureure Maud Marty a requis le mois dernier trente mois de prison, dont un an ferme à domicile avec bracelet électronique, et 30.000 euros d’amende contre Naruto, 27 ans, et dix-huit mois avec sursis probatoire et 15.000 euros d’amende contre Safine, 24 ans. Elle a aussi demandé un « bannissement numérique »
des deux hommes, qui seraient interdits à vie de publier sur les plateformes.
Gifles, coups de fouet et insultes
Le procès n’a pas porté sur la mort à 46 ans de Jean Pormanove, dont la découverte en direct du corps inerte sous son drap a choqué le monde entier : après autopsie, l’enquête sur ce volet a été classée sans suite en février. Mais les deux streamers sont jugés pour les violences et humiliations. Les images diffusées ou décrites à l’audience montrent JP et Coudoux recevoir des gifles, des coups de pied, de fouet ou de batte de baseball, ou encore des cris dans les oreilles, mais aussi des œufs frais sur la tête, des seaux d’eau et des insultes.
Pour Maud Marty, il s’agit d’un « système de maltraitance humaine, pas d’un dérapage ou d’une provocation »
, car « les violences sont le programme, elles font le scénario »
. Et « le simple fait que la mort soit survenue en live traduit la dérive »
, avait-elle ajouté. « Le concept repose sur la désignation d’une catégorie de personnes comme objet de mépris. »
Avec une moyenne de 20.000 internautes devant chaque live le soir de 21h à minuit, c’était la chaîne Kick la plus regardée en France. Des influenceurs, chanteurs ou footballeurs y ont participé, et ses protagonistes ont touché jusqu’à 6.000 euros par mois. Parallèlement aux procès niçois, une enquête est en cours à Paris sur Kick, pour déterminer si elle a rémunéré Naruto et Safine et quels freins elle a mis à leurs dérives. Les streamers, qui n’ont jamais rien déclaré au fisc, font aussi l’objet d’une enquête sur leurs finances.
La rédaction de TF1info avec AFP











