Les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, mardi 17 février, ont donné lieu à plusieurs échanges entre les députés et le gouvernement sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Derande, en hommage duquel une minute de silence a été organisée au début de la séance.
« Ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser. Leurs manœuvres sont indignes. Aucun insoumis n’est impliqué ni de près ni de loin dans ces violences », a tenu à déclarer Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire de La France insoumise (LFI), en affirmant ne pas avoir entendu de réactions du gouvernement après la mort de l’ancien international de rugby argentin Federico Martin Aramburu, pour laquelle deux militants d’extrême droite seront jugés pour « assassinat ».
« Monsieur le premier ministre, faire peser sur notre groupe une responsabilité morale imaginaire ne parviendra pas à éclipser votre réelle responsabilité politique », a-t-elle ensuite lancé, soulignant que « le maintien de l’ordre public relève de la compétence exclusive de votre gouvernement, et non pas de l’opposition parlementaire ».
« Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject », a réagi Sébastien Lecornu. « On peut avoir des divergences politiques, mais, lorsqu’on est un humaniste, on n’oppose pas un mort à un autre mort, un assassinat à un autre assassinat. Il n’y a pas une violence acceptable dans un sens et inacceptable dans l’autre. Le refus de la violence, c’est pour tout le monde », a-t-il affirmé, avant d’appeler LFI à « faire le ménage » dans ses « idées » et dans ses « rangs ».
Hommage au Sénat, mercredi
« La Jeune Garde tue, et La France insoumise devrait le condamner », a déclaré, de son côté, le ministre de la justice, Gérald Darmanin. « Il y a une violence incontestable » qui concerne La France insoumise et la Jeune Garde, a estimé le garde des sceaux devant les députés, en reprochant à LFI de considérer ce mouvement antifasciste comme « une organisation alliée ».
« Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées. En notre nom à tous, j’adresse nos pensées à sa famille et à ses proches endeuillés », avait déclaré la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, un peu plus tôt, avant la tenue d’une minute de silence unanimement respectée par les députés, debout dans l’hémicycle. « La première des évidences dans une démocratie, c’est le refus de la violence physique. Il revient à chacun de nous d’être les garants de la dignité du débat public et d’appeler au calme, dans l’intérêt de notre nation. Assumons collectivement cette responsabilité dans les mois qui viennent », a ajouté la présidente de l’Assemblée nationale.
De son côté, Sébastien Lecornu a dénoncé la « rhétorique de la confrontation ». « On ne peut pas avoir la rhétorique de la confrontation en permanence et ne pas voir que ce qui se passe parfois dans cet hémicycle peut infuser dans l’ensemble de la société », a déclaré le premier ministre devant les députés lors de la séance des questions au gouvernement, en appelant les dirigeants politiques à la « responsabilité ». M. Lecornu, qui répondait au chef de file de députés Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a également demandé que « la vérité judiciaire passe », « sans aucune pression sur les enquêteurs et sur l’autorité judiciaire ».
La minute de silence à l’Assemblée avait été actée mardi matin par la conférence des présidents de l’Assemblée et « personne ne s’y est opposé », selon plusieurs sources parlementaires. Eric Ciotti, chef du groupe UDR (Union des droites pour la République), allié au RN, a expliqué en avoir fait la demande lui-même. Un hommage à Quentin Deranque sera également rendu au Sénat mercredi à 15 heures, selon les services du Sénat.















