- Mort en prison en 2024, l’opposant russe Alexeï Navalny a été empoisonné, selon une enquête de cinq pays européens.
- Une toxine provenant de grenouilles originaires d’Amérique du Sud aurait été retrouvée dans les prélèvements réalisés sur son corps.
Suivez la couverture complète
Mort d’Alexei Navalny, farouche opposant de Poutine
« C’est triste »,
avait sobrement conclu Vladimir Poutine après la mort d’Alexeï Navalny en prison, en février 2024. Deux ans plus tard, une enquête de cinq pays, dont la France, conclut à l’empoisonnement de l’homme réputé l’un des plus grands opposants politiques au pouvoir russe.
« Des preuves scientifiques d’un empoisonnement »
Selon le communiqué conjoint, ici publié (nouvelle fenêtre) ce samedi 14 février par le Quai d’Orsay, une « analyse des échantillons prélevés sur Alexeï Navalny (…) a confirmé de manière concluante la présence d’épibatidine ».
Comme le précise Paris, « l’épibatidine est une toxine présente dans les grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud »
, qui « n’existe pas à l’état naturel en Russie ».
Pour les pays européens ayant mené l’enquête, le constat est sans appel : « compte tenu de la toxicité de l’épibatidine et des symptômes rapportés, l’empoisonnement est la cause très probable de son décès ».
Le fait qu’Alexeï Navalny soit mort alors qu’il se trouvait en prison, entre les mains des autorités russes, est un élément accréditant la thèse de l’empoisonnement par Moscou, selon l’enquête européenne. La veuve d’Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, qui défend cette théorie depuis deux ans, a réagi à ces conclusions et a évoqué « des preuves scientifiques qui montrent que mon mari a été empoisonné par le gouvernement russe et par Vladimir Poutine dans une prison russe ».
Voici ce que l’on sait de cette toxine présente chez des grenouilles originaires d’Amérique du Sud.
200 fois plus puissant que la morphine
L’épibatidine est un poison présent dans la peau de certaines grenouilles à la peau colorée et vivant dans les forêts de plusieurs pays d’Amérique du Sud. Cette toxine rare est connue depuis 1974 et produite à partir du régime alimentaire des grenouilles, à savoir des fourmis ou des mites. Semblable à la morphine, l’épibatidine aurait un effet analgésique 200 fois plus puissant en ciblant le système nerveux de celui qui l’ingère. « L’épibatidine d’une seule grenouille suffit à anéantir un buffle d’Inde »,
résume National Geographic
(nouvelle fenêtre)
de manière assez parlante.
Si elle ne sert pas forcément à tuer, cette neurotoxine protège surtout les grenouilles de leurs prédateurs. « Grâce à ces propriétés, l’épibatidine a inspiré des innovations pharmacologiques, bien que sa toxicité ait empêché son développement en tant que médicament »,
souligne une étude de la revue Science
(nouvelle fenêtre).
Parue en 2017, celle-ci révèle que ces grenouilles sud-américaines sont en réalité protégées de leur propre venin.














