Donald Trump, dont la présidence est ébranlée par la mort d’un infirmier à Minneapolis sous les balles de policiers fédéraux, a annoncé, lundi 26 janvier, l’envoi sur place de son conseiller à l’immigration, Tom Homan, personnage-clé de son administration.
« J’envoie Tom Homan dans le Minnesota ce soir. Il n’a pas été impliqué dans cette zone, mais il connaît et apprécie beaucoup de gens là-bas. Tom est sévère mais juste, et il me rendra compte directement », a écrit le président américain sur son réseau, Truth Social. Le « tsar des frontières », comme l’a nommé le président, est l’un des principaux architectes de la politique anti-immigration menée par le gouvernement américain.
Mais Tom Homan apparaît moins exposé médiatiquement que d’autres figures de l’administration Trump face à l’émoi suscité par les morts à Minneapolis d’Alex Pretti samedi et de Renee Good le 7 janvier, deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux lors de mobilisations contre des opérations de la police de l’immigration (ICE).
La ministre à la sécurité intérieure, Kristi Noem, a été prompte, comme d’autres, à venir au secours des policiers fédéraux impliqués tout en attaquant les victimes. Sa gestion des événements serait très critiquée à la Maison Blanche, selon la presse américaine, qui rapporte aussi de vifs désaccords entre elle et Tom Homan.
L’opinion publique américaine profondément divisée
Le président américain a fait preuve, dimanche soir, d’une relative retenue, inhabituelle, en disant au Wall Street Journal, à propos de la mort de l’infirmier Alex Pretti : « Nous examinons la situation, nous passons tout en revue et nous rendrons une décision. » Le ton est différent de celui adopté par exemple par le très radical conseiller Stephen Miller, qui a qualifié Alex Pretti d’« assassin », dans un message relayé sur X par le vice-président, J. D. Vance.
La lutte contre l’immigration clandestine était une promesse de campagne essentielle de Donald Trump, mais les sondages montrent un rejet croissant par la population de la manière dont cette politique est mise en œuvre.
La situation à Minneapolis met en lumière les tensions internes au sein de l’administration, alors que la gestion des violences policières et des mobilisations citoyennes suscite de vifs débats. Les désaccords entre les principaux responsables, notamment entre Tom Homan et la ministre à la sécurité intérieure, compliquent la réponse politique à une crise qui divise profondément l’opinion publique américaine.
Dans ce contexte, la communication de la Maison Blanche semble osciller entre fermeté et prudence, tandis que les familles des victimes et les organisations de défense des droits civiques réclament des enquêtes indépendantes et des mesures concrètes pour éviter de nouveaux drames. Les prochains jours seront décisifs pour l’administration Trump, confrontée à une pression croissante de la société civile et des médias.











