La France et son attaque jusqu’alors étincelante ont échoué, mardi à Dallas, dans leur quête d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive, les hommes de Didier Deschamps ayant été totalement muselés par une équipe d’Espagne parfaitement organisée.
Championne d’Europe en titre, la Roja tentera dimanche d’accrocher une seconde étoile à son maillot, face au vainqueur de l’autre demi-finale, un choc de légende entre l’Angleterre et l’Argentine qui se joue mercredi à Atlanta.
. Pas de troisième titre pour les Bleus
C’est une fin de parcours amère pour la France, à la hauteur des espoirs qu’avait fait naître l’époustouflant parcours des Bleus depuis un mois dans ce Mondial-2026, et les performances de leur séduisant quatuor d’attaque.
Mais les coéquipiers de Kylian Mbappé ont été totalement muselés mardi par des Espagnols absolument injouables qui se sont imposés sur le score logique de 2-0.
Un penalty de Mikel Oyarzabal (22e), à la suite d’une faute de Lucas Digne sur le prodige Lamine Yamal, a mis les hommes de Luis De La Fuente sur orbite en première période avant qu’en deuxième, un but de Pedro Porro (58e) ne scelle la qualification espagnole.
Seize ans après son fabuleux doublé Euro-Mondial, la Roja est en course pour rééditer l’exploit, deux ans après avoir remporté en Allemagne le championnat d’Europe, au cours duquel elle avait déjà sorti la France en demi-finale.
Si on met de côté le nul initial contre le Cap-Vert, qui n’était qu’un faux pas, l’Espagne a démontré depuis cinq semaines qu’elle était redevenue ce qu’elle était au tournant des années 2010: un collectif parfaitement huilé qui ne perd jamais le ballon, et qui peut en plus compter sur une solidité défensive à toute épreuve.
Son gardien Unai Simon a sorti un match énorme face au quatuor Mbappé-Dembélé-Olise-Barcola qui a été réduit au silence mardi dans l’AT&T Stadium de Dallas. Le portier de l’Athletic Bilbao n’a encaissé qu’un but depuis le début du tournoi, une prouesse réalisée en quart par le Belge Charles De Ketelaere.
« Les joueurs sont anéantis parce qu’on avait beaucoup d’ambition, même s’il faut être aussi logique et reconnaître qu’aujourd’hui on a été un ton en-dessous sur le plan technique face à une équipe qui a bien maîtrisé son sujet et plus », a déclaré le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps.
. Liesse à Madrid, désillusion à Paris
Des rugissements de joie et des klaxons de voitures ont résonné dans Madrid mardi au coup de sifflet final, les supporters de la Roja entrevoyant la possibilité d’une deuxième couronne mondiale.
« Personne ne nous donnait une chance, mais nous avons réussi à battre la France et nous battrons l’équipe que nous rencontrerons en finale, quelle qu’elle soit », a dit à l’AFP Jaime Sanchez, 19 ans, euphorique, tandis que des milliers de supporteurs quittaient la fan zone officielle du centre de Madrid.
Des foules de supporters arborant le maillot de l’Espagne arpentaient le centre de Madrid, le drapeau rouge et jaune sur les épaules ou peint sur les joues. « Viva España ! », « Je suis espagnol ! », scandaient-ils.
« Dégoûtés », « trop déçus », dépités, la même désolation se lisait en revanche à Paris parmi les supporters de l’équipe de France.
« J »étais hyper confiante, pour moi on était en finale dimanche face à l’Argentine, et on obtenait notre revanche » sur l’Albiceleste, a commenté sur les Grands-Boulevards Laurine Ngemba, 26 ans, en référence à la finale perdue en 2022.
Les quartiers animés du Marais (centre) et de la Roquette vers Bastille étaient passés pour l’occasion en mode piéton afin de permettre aux Parisiens de supporter l’équipe nationale, et la mairie avait également prolongé les horaires de fermeture des terrasses estivales.
. Minute de silence et soutien à Gleizes
L’avant-match de mardi a été marqué par une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Nice, qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés il y a 10 ans, le 14 juillet 2016.
À quelques heures de la première demi-finale, les associations de journalistes sportifs des quatre nations qualifiées pour le dernier carré ont en outre apporté leur soutien à leur confrère français Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis plus d’un an. Un siège en tribune de presse lui a également été symboliquement réservé par la Fifa.
. Angleterre-Argentine, duel historique
Arrivées non sans mal jusqu’en demi-finales, l’Angleterre et l’Argentine s’affrontent mercredi à Atlanta pour s’offrir le deuxième billet pour New-York et continuer leur vieille rivalité avec un sixième duel en Coupe du monde.
Quarante ans après la « main de Dieu » et « le but du siècle » de Diego Maradona au stade Azteca, et 24 ans après le penalty de David Beckham qui a contribué à l’élimination de l’Albiceleste dès le premier tour du Mondial-2002, la rencontre s’annonce féroce entre les champions du monde en titre argentins, à la recherche du doublé, et les Anglais, qui courent après un titre depuis 1966.
Mais les deux sélections, emmenées par l’inoxydable Lionel Messi d’un côté (8 buts) et le duo royal Kane-Bellingham de l’autre (6 buts chacun), ont été poussées en prolongation en quart de finale et devront chasser les doutes pour l’emporter.
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