De notre correspondant à Casablanca,
Dans la salle de concert, plongée dans la pénombre, se pressent des dizaines de spectateurs. Ou plutôt des spectatrices, car ce soir, les femmes sont plus nombreuses. Sur scène, huit musiciens installent, devant Abdellah Ben Charradi, quatre instruments à cordes. C’est ce qu’il faut, au moins, pour jouer les morceaux de ce soir, exposant la grande variété du répertoire marocain.
« Notre patrimoine est très riche. Donc tous les concerts de Mirath se déroulent sous la forme d’un voyage musical à travers le pays, de la musique du Nord à la musique hassani, dans le Sahara », explique Abdellah Ben Charradi, qui a monté ce concert interactif. « Les gens scannent un QR code à leur arrivée. Ils ont d’abord accès à une explication sur le patrimoine, après ils trouvent toutes les chansons qu’ils vont interpréter. Sur scène, moi je donne des informations sur les régions, les différences entre musiques. On chante, on rigole, on pleure, on vit l’émotion de chaque chanson. »
L’artiste de 37 ans est parti d’un constat : « Le but, c’est qu’on vive notre patrimoine, qu’on se réconcilie avec notre identité marocaine à travers la musique et à travers le chant. Aujourd’hui, on observe un retour des Marocains, des jeunes, vers leur patrimoine. On n’est pas des Anglais, pas des Français, pas des Américains… On est marocains. »
Abdellah Ben Charradi s’est inspiré de son propre parcours pour construire son spectacle. « J’étais prof d’histoire-géo. C’était bien, mais je me voyais davantage sur scène. J’ai essayé de faire le lien entre mes études et mon art. Le fait d’avoir été prof, cela m’a aidé à faire passer des messages sur scène, de manière pédagogique », estime-t-il.
Le spectacle Mirath s’est terminé bien tard pour un soir de ramadan, un peu après minuit. À la fin de ce voyage, après avoir chanté et dansé, c’est un public bien plus léger qui est descendu au terminus.
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