Le procès des meurtriers présumés de Saïdou, 15 ans, poignardé mortellement le 30 juillet 2020 à Draveil dans un contexte de rivalités interquartiers, s’est ouvert mardi devant la cour d’assises de l’Essonne.
Huit des accusés, tous majeurs au moment des faits, sont jugés pour le meurtre en bande organisée de l’adolescent et pour tentative de meurtre sur l’un de ses amis.
Un neuvième homme comparaît pour destruction ou modification des preuves d’un crime, en l’occurrence une camionnette ayant transporté plusieurs des mis en cause.
Seul l’un des accusés, soupçonné d’avoir porté le coup mortel, est en détention provisoire.
L’audience doit se dérouler jusqu’au 27 février.
Selon l’ordonnance de mise en accusation, consultée par l’AFP, le crime a eu lieu sur fond de conflits entre jeunes des quartiers populaires des Mazières et des Bergeries dans cette commune située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Paris.
Deux jours avant les faits, Saïdou aurait tenté, en vain, de voler une moto à Draveil.
Une confrontation avec le propriétaire du deux-roues aurait abouti à un accord d’indemnisation pour les dégradations, mais des tensions auraient éclaté peu après quand un jeune des Bergeries a été accusé d’avoir dénoncé Saïdou.
Dans la nuit du 29 au 30 juillet 2020, une quinzaine de jeunes des Bergeries armés de couteaux, de bombes lacrymogènes et d’au moins un fusil se sont rendus aux Mazières dans le cadre d’une expédition punitive.
Ils ont bloqué un véhicule dans lequel se trouvait Saïdou, puis ont frappé et poignardé à l’aorte l’adolescent, qui est mort sur place.
Au cours de l’instruction, 17 personnes ont été mises en examen ou placées sous le statut de témoin assisté mais seules neuf ont été renvoyées devant la cour d’assises.
Quelques mois après la mort de Saïdou, un homme accompagnant le suspect désigné comme l’auteur principal du meurtre a été attaqué à coups de couteaux à Draveil.
Le frère aîné de Saïdou et un complice ont été interpellés pour cette agression, qui pourrait s’apparenter à des représailles.
Ils seront jugés pour tentative de meurtre du 10 au 13 mars, également devant la cour d’assises de l’Essonne.
Peuplé de 1,3 million d’habitants, le département de l’Essonne est régulièrement le théâtre d’affrontements interquartiers ou intercommunes entre bandes de jeunes.
Ces rixes ont fait trois morts en 2025, un adolescent de 17 ans poignardé à Yerres en mars, un jeune majeur de 18 ans tué devant la gare RER d’Evry-Courcouronnes en octobre et un homme de 22 ans poignardé à Athis-Mons en décembre.
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