mardi, avril 28

Un rapport adopté, mais loin de faire l’unanimité. Après cinq mois d’auditions scrutées de près et parfois tendues, la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public a adopté le rapport du député UDR Charles Alloncle ce lundi 27 avril. Mais si le gouvernement juge « légitime » le contrôle de l’Assemblée nationale sur le fonctionnement de l’audiovisuel public, la porte-parole Maud Bregeon fustige tout de même un rapport utilisé avant tout à des fins politiques.

« Je pense que ce rapport a été utilisé par le rapporteur comme un outil politique, pour porter les idées du Rassemblement National et d’Éric Ciotti qui visent à une destruction de l’audiovisuel public », lance la ministre sur franceinfo ce mardi 28 avril.

Et d’ajouter: « quand vous proposez de raboter le budget de l’audiovisuel public d’un milliard (sur 4 milliards d’euros par an, NDLR), vous voyez bien que c’est une destruction annoncée. »

« Il y a eu un côté show off »

La porte-parole du gouvernement, qui n’a pas participé à la commission d’enquête, salue tout de même le travail parlementaire réalisé. « Il y a de toute évidence eu un travail important mené, avec 67 auditions et 200 heures de travail. Je ne dis pas que tout est à jeter, loin de là. Pour autant, il y a eu un comportement et des méthodes de Charles Alloncle qui ont été détestables. Il y a eu un côté show off, une utilisation politique de cette commission, qui aurait probablement eu de vraies vertus. »

Maud Bregeon dénonce aussi « des incriminations à l’encontre du président de la commission ou de la présidente de l’Assemblée nationale » présentes dans le rapport qui devrait s’interroger avant tout sur le modèle de l’audiovisuel public.

Charles Alloncle, quant à lui, avait défendu son travail la veille sur BFMTV. « Depuis le début de cette commission d’enquête, mon seul objectif était de braquer un projecteur sur les dérives et les dysfonctionnements de l’audiovisuel public, de proposer des recommandations pour mieux les résoudre », avait-il assuré.

Un rapport publié le 4 mai prochain

Le rapport de 300 pages rédigé par Charles Alloncle a été adopté à 12 voix contre dix. Il préconise, selon plusieurs députés qui ont fait fuiter ses lignes, une vague d’économies via la suppression des chaînes France 4 et France TV Slash ou encore la fusion de France 2 et France 5. Le député UDR appelle également à la suppression de la radio Le Mouv’.

Parmi ses 80 propositions, Charles Alloncle entend aussi soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l’Élysée, comme cela a été officiellement le cas pendant des années.

L’intégralité du rapport de Charles Alloncle, désormais adopté, sera donc rendue public le 4 mai prochain.

Article original publié sur BFMTV.com

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