Matthias Gurtler, directeur des rédactions du journal sportif L’Equipe depuis février 2025, a officiellement quitté son poste et le groupe. Rolf Heinz, le PDG, l’a annoncé aux salariés de l’entreprise, lundi 9 février à la mi-journée. Visé par une motion de défiance en novembre, Matthias Gurtler était en arrêt maladie depuis et n’était pas réapparu dans les locaux ces trois derniers mois. Les trois directeurs délégués par intérim depuis lors – Hervé Fouillet, Frédérique Galametz et Frédéric Waringuez – restent en poste « sur un temps long et en pleine responsabilité », affirme la direction du média.
Le départ de M. Gurtler survient dans un contexte de tensions exacerbées au sein du titre depuis début novembre. Le plan de transformation souhaité par la direction du média ainsi que l’évolution de la ligne éditoriale étaient contestés, de manière publique, depuis le 10 novembre. Ce jour-là, un vote organisé par la Société des journalistes (SDJ) de L’Equipe avait mis au jour qu’à peine 10,04 % étaient « satisfaits » du plan de réorganisation tel que présenté aux élus début octobre. La stratégie de bascule du centre de gravité du média imprimé vers le numérique, le support désormais utilisé par 90 % des lecteurs, est partagée en interne, mais les méthodes et moyens proposés par la direction n’emportaient pas l’adhésion des équipes.
Car pour passer de 13,7 millions de visiteurs uniques mensuels pour le site Web à 20 millions d’ici 2030, et doubler le nombre d’abonnement (de 255 000 revendiqués à 500 000), Matthias Gurtler poussait pour « la multiplication de brèves à clics faciles », « trop de people (…) au détriment de la qualité », selon plusieurs témoignages internes, craignant d’une « perte d’ADN du journal ».
Dans le même temps, le nombre d’éditeurs devait passer de 29 postes d’éditeurs à 23, tandis que les correcteurs craignaient de perdre deux postes, pour n’être plus que trois. En contrepartie, trois postes de rédacteur en chef info desk, un poste de chef d’édition, ainsi que deux postes à la vidéo seraient créés. Si la direction niait tout « départ contraint », et avait annoncé un « ajustement du nombre de titulaires au service édition », les pigistes et précaires n’étaient toujours pas considérés par la direction pointaient les syndicats.
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