Créée en octobre 2025 à la Comédie de Reims (Marne), Marie Stuart, mise en scène par Chloé Dabert, traverse l’Hexagone théâtral devant des salles que l’on espère pleines, étant donné le haut niveau du spectacle. Cette longue tournée, qui s’achèvera au printemps, a fait, en janvier, une halte prolongée au Théâtre Gérard Philipe, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où le public est resté en apnée pendant trois heures et quarante-cinq minutes avec un entracte de quinze minutes. La durée file à une vitesse d’autant plus surprenante que, sur le plateau, c’est un théâtre à l’état pur qui est proposé. Chloé Dabert s’en remet à l’ADN de la représentation : un texte et des comédiens. L’alliage, classique mais efficace, fait ici des merveilles.
Il faut dire que la pièce de l’auteur allemand Friedrich von Schiller (1759-1805), est un suspense savamment orchestré ; que l’histoire racontée, qui date de 1587, est de bout en bout passionnante ; que la mise en scène de Chloé Dabert est d’une fermeté rigoureuse et que les interprètes sont, en règle générale, épatants. Surtout le duo de tête formé par Bénédicte Cerutti (Marie Stuart) et Océane Mozas (Elizabeth Ire) qui incarnent des femmes d’une belle complexité. Au XIXe siècle, les personnages féminins capables de penser et d’agir en dehors des mainmises masculines ne couraient pas les pages. Mais Schiller n’a pas bâclé la stature de ses deux héroïnes.
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