Timbre emblématique de la collection de France, le 1 franc vermillon « Cérès » (1849) sur lettre de Toulouse pour Bayonne (avec cachet d’arrivée de 1849 au verso), au prix de départ de 5 000 euros, a finalement atteint 6 425 euros, lors de la vente sur offres clôturée le 14 janvier, organisée par la maison Boule Auctions, à Monaco.
« Grande rareté de la collection des timbres-taxe », une étiquette rose de double taxe pour fraude sur les franchises « PAQUET/FRAPPÉ DE LA DOUBLE TAXE/EN VERTU DE L’ORDONNANCE/DU 14 DÉCEMBRE 1825/TAXE À PERCEVOIR 2f20c », sur lettre du 7 juin 1843, en provenance de la province de Bône (Algérie) à destination de Paris, avec, au verso, un cachet Paris en bleu du 10 août 1843, au prix de départ de 5 000 euros, a été adjugée à 5 103 euros.
Parmi les bons prix réalisés, un timbre de poste aérienne « Marcelin Berthelot » 90 centimes rouge surchargé 10 francs – mais surcharge renversée (tirage 50 exemplaires) –, au prix de départ de 7 000 euros, a culminé à 12 502 euros, prix à comparer avec sa cote au catalogue Yvert et Tellier de 30 000 euros.
A 6 043 euros, on pouvait trouver un timbre pour journaux (1868), 5 centimes lilas, signalé comme « rare et exceptionnel dans cette qualité ».
Gros prix de la vente, faisant la couverture du catalogue, mis à prix à 38 000 euros, pour le Cameroun, un bloc de quatre exemplaires neuf avec gomme partielle, bord de feuille inférieur, du 10 centimes rouge d’« Afrique équatoriale Gabon » surchargé « Corps expéditionnaire franco-anglais CAMEROUN » a atteint à 40 052 euros.
Parmi quelques valeurs « emblématiques », un bloc de 15 du premier timbre de Nouvelle-Calédonie (1859), le « Triquérat » (dont « 7 exemplaires sans défauts »), à l’effigie de Napoléon III, a pointé à 478 euros.
Il fallait compter 609 euros pour trois enveloppes avec vignettes « Gratis » des militaires français de l’armée de Bourbaki internés en Suisse, au départ de Baden, pour Graçay (Cher) datées de 1871.
Un courrier transporté par ballon monté de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, le Général-Faidherbe, cachet Paris de la rue Madeleine, sur circulaire de l’Alliance républicaine du 9 janvier 1871, pour Narbonne, a atteint quant à lui 2 602 euros.
Un timbre préoblitéré 30 centimes vert au type « Paix », au prix de départ de 1 500 euros, s’est vendu presque le double, à 2 778 euros.
Enfin, a été adjugé au prix de 1 252 euros un 1 centime noir sur bleu de Prusse, oblitéré, au type « Sage » de 1880.
Quelques derniers bons résultats enfin :
– 5 603 euros, Cilicie, collection de timbres neufs et oblitérés et de lettres ;
– 4 208 euros, Pays-Bas, lettre avec bloc de quatre du 20 cents vert, cachet de Rotterdam, pour Rhein Prusen (datée de 1873) ;
– 7 153 euros, collection de France neufs et oblitérés, des origines aux années 1930 ;
– 7 213 euros, collection de « cursives » (des marques postales) avec timbres, plus de 160 lettres affranchies entre numéros 1 et 14 (du catalogue de cotation des timbres de France Yvert et Tellier).
De 200 000 à 280 000 euros
Date limite le 30 janvier pour accéder aux lots invendus de la vente Behr de décembre 2025, avec un rabais de 20 % sur le prix fixé départ.
A ce compte, un bloc de 20 exemplaires du 20 centimes noir sur jaune au type « Cérès » (1849) est à 2 800 euros, au lieu de 4 200 euros à l’origine.
Vous pouvez vous faire plaisir avec un 1 franc vermillon vif sur lettre, oblitération « grille », cachet à date de Sainte-Marguerite à destination de Béziers, du 9 juin 1849, à 17 600 euros (au lieu de 22 000 euros), tandis qu’un 5 francs « Empire » lauré (1863-1870) violet-gris, le « 5 » et le « F » étant imprimés en bleu, est désormais à 1 600 euros.
France moderne, une paire du 20 francs « Pont du Gard » et 10 francs « La Rochelle », essai de couleur non dentelé en violet, bord de feuille, passe à 8 800 euros.
Un timbre du Maroc (poste locale, Mazagan à Marrakech) au type « Coucher du soleil au-delà de l’Atlas », rare erreur de couleur 50 centimes bleu (impression dans la couleur du 10 centimes), à 10 000 euros, passe à 8 000 euros, tandis qu’à la rubrique Monaco la variété de double surcharge sur le 100 francs rouge de poste aérienne (1946) est à 11 200 euros.
Pour la Grande-Bretagne, les 350 000 euros d’un bloc de douze du 2 pence bleu (« two pence blue ») de 1840, les 250 000 euros pour une enveloppe « Mulready » revêtue de cinq « two pence blue » de 1840 pour Agra, en Inde, ou encore un bloc de quatre du « penny black » de Grande-Bretagne (timbre de service, « VR », lettres H-K, H-L, I-K et I-L, 1840), à 280 000 euros, sont ramenés désormais respectivement à 280 000 euros, 200 000 euros et 224 000 euros.
David Feldman
Les cinq jours de ventes aux enchères organisées du 5 au 9 décembre 2025 par David Feldman, en Suisse, ont donné quelques bons prix.
Une lettre avec un affranchissement mixte de la première émission de France-Belgique, au départ de Valenciennes le 2 mai 1850, arrivée à Mons le même jour, atteint 48 000 euros sous le marteau.
Une collection de 87 ballons montés de la guerre de 1870-1871 part à 13 500 euros.
Une rare boule de Moulins (1871), repêchée et réexpédiée en 1872, est vendue pour 2 500 euros.
La Réunion, 1852, un 30 centimes noir sur azuré (type II) neuf sur lettre, avec, à côté, cachet à date de Saint-Denis, atteint 18 750 euros avec les frais (12 000 euros sous le marteau).
Un ensemble des Terres australes et antarctiques françaises (1948-1970, dont collection complète poste 1955-1968 et poste aérienne, comprenant l’« Albatros à sourcils noirs ») est adjugé à 360 euros, sur la base d’une cote de 3 200 euros.
Tahiti, un timbre-taxe de 1893 au type « Duval », 1 centime noir avec surcharge type II « Tahiti/1893/TAHITI », sur fragment, oblitération « PAPEETE 9 SEPT 93 TAÏTI », est vendu 8 000 euros.
Pour le reste du monde, on relèvera les 15 000 francs suisses pour un pli accidenté du Zeppelin Hindenburg (1937).
A la rubrique Autriche, de 1850, un 6 kreuzer, estimé de 15 000 à 30 000 francs suisses (de 16 160 à 32 317 euros environ), part au bas de son estimation.
Les classiques de Grande-Bretagne tiennent leur rang avec, par exemple, 41 000 livres (47 040 euros environ) décrochées par le premier timbre au monde émis, en 1840, en Grande-Bretagne, un bloc de douze du « black penny » oblitéré (croix de Malte rouge) ; 30 000 livres pour un bloc de quatre de ce même timbre, mais neuf ; 55 000 livres pour un bloc de quatre neuf du « two pence blue » avec inscriptions marginales.
Roumet, le 3 février
Vente à venir ensuite, chez Roumet, à Paris, clôturée le 3 février.
Parmi les plus de 2 900 lots de la vente, on retiendra un magnifique devant de lettre pour La Nouvelle-Orléans avec un affranchissement composé d’une paire du 1 franc carmin et de deux paires (dont un tête-bêche) du 15 centimes vert au type « Cérès » (1849), « seule pièce connue », qui explique son prix de départ de 160 000 euros. Démarre à 18 000 euros un 1 centime noir sur bleu de Prusse au type « Sage », belle nuance, bon centrage, neuf avec gomme, sans charnière.
A la rubrique des timbres préoblitérés (pour imprimés), le 1 franc olive au type « Sage », datant de 1893, « pièce unique reproduite en page 278 du catalogue de cotation Yvert et Tellier 2026 », précise le vendeur, avec une surcharge sur cinq lignes, est au prix de départ de 18 000 euros… L’acheteur devra accepter les défauts de ce timbre, dont on ne connaît que ce seul exemplaire !…
Autres lots à suivre :
– Guadeloupe, timbre-taxe 40 centimes noir sur bleu (n° 2 du catalogue Yvert et Tellier), grand bord de feuille, oblitéré du cachet à date du Lamentin du 10 janvier 1878, sur fragment de lettre non affranchie pour Pointe-à-Pitre, prix de départ 18 000 euros ;
– Pakhoi (Chine), légende « INDO-CHINE » renversée dans un des cartouches, bloc de huit du 75 centimes violet sur jaune (avec surcharge « Pakhoi » et monnaie chinoise), coin de feuille, 40 000 euros ;
– Terres australes et antarctiques françaises, timbre « Concorde » de poste aérienne (1969), erreur de valeur à 87 francs (au lieu de 85), mise à prix 1 500 euros ;
– Togo (colonie allemande, occupation militaire, 1915), 10 pfennig rouge, surcharge « TOGO/Occupation/franco-anglaise » renversée, sur petit fragment, 9 000 euros ;
– Espagne (1867), 10 c bistre, paire tête-bêche neuve sans gomme, 7 500 euros.
Spink, le 30 janvier
Terminons avec une vente aux enchères organisée en Angleterre, à Londres, par Spink, clôturée le 30 janvier, qui disperse plus de 1 000 lots du monde entier.
Pour la France et ses ex-colonies (près de 150 lots), les amateurs se battront pour une remarquable lettre revêtue du 20 centimes noir « Cérès », premier timbre de France émis le 1er janvier 1849, mais ici oblitérée du… 31 décembre 1848 – un jour trop tôt ! – à Amiens, pour Aumâtre (Oisemont), estimée de 20 000 à 25 000 livres (de 22 940 à 28 672 euros environ).
Une lettre aussi rare, de Besançon pour Champagnole (Jura), du 31 décembre 1848, avait été mise en vente par David Feldman en 2024, sans avoir trouvé d’acheteur, sur la base d’une estimation de 16 00 à 24 000 euros.
Comptez de 1 500 à 2 000 livres pour une feuille (deux panneaux de 25) du 20 centimes brun-lilas au type « Mouchon » (1900-1901) avec millésime « 0 ».
Pour le reste du monde, Spink offre de bonnes rubriques consacrées au cap de Bonne-Espérance et à l’Afrique du Sud – dont des timbres de la poste cycliste du siège de Mafeking (1900), certains à l’effigie de Baden-Powell ; aux ex-colonies allemandes en Afrique ou en Océanie ; à Hongkong (seconde guerre mondiale), au Togo (et ses rares timbres surchargés « TOGO/Anglo-French/Occupation » des années 1914-1915) ou à la Turquie…
La Rhodésie du Sud est représentée par une variété d’un timbre de 1964, la couleur rouge étant absente sur un des deux timbres présentés en paire (10 000 livres).
Une enveloppe peu commune recommandée d’Uruguay, datée de 1861, bénéficie d’une estimation de 25 000 à 40 000 livres.














