mardi, mai 5

  • Au large du Cap-Vert, l’angoisse grandit sur le MV Hondius, ce navire de croisière où sévit un virus respiratoire.
  • Trois personnes seront évacuées mardi soir tandis que 150 passagers sont toujours bloqués sur le bateau.
  • « Juste après notre première escale du voyage, l’état de santé d’un des passagers âgés s’est détérioré », a expliqué un voyageur à bord.

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Le 20H

Alors que deux membres d’équipage malades et une personne cas contact vont être évacuées mardi soir, l’angoisse grandit à bord du MV Hondius. Le navire de croisière néerlandais qui reliait Ushuaïa (Argentine) à l’archipel du Cap-Vert, est immobilisé depuis dimanche dans l’Atlantique, en raison d’un foyer d’hantavirus à bord. Trois passagers confinés sont suspectés d’avoir contracté cette maladie rare et mortelle. 

Une équipe médicale est venue prélever des échantillons qui sont actuellement analysés pour déterminer si le navire peut enfin accoster. « Là en face, c’est le Cap-Vert, mais on n’a pas le droit d’y débarquer », explique un voyageur dans une vidéo à voir en tête d’article. « Juste après notre première escale du voyage, l’état de santé d’un des passagers âgés s’est détérioré. Et malheureusement, on a été surpris d’apprendre son décès douze jours après le début du voyage », témoigne-t-il dans le reportage en tête de cet article.

Il n’y a aucun traitement contre cette maladie

Deux autres passagers sont aussi décédés depuis le début de la croisière sur près de 150 personnes embarquées. L’hypothèse privilégiée par l’OMS ce soir est celle qu’un passager déjà infecté, contaminé par des sécrétions de rongeurs, soit monté sur le bateau. « Compte tenu de la durée de la période d’incubation de l’antivirus, qui peut varier entre une et six semaines, nous supposons qu’ils ont été infectés en dehors du navire, peut-être pendant certaines activités. Par ailleurs, nous pensons qu’il pourrait y avoir une transmission entre humains », admet Marina Van Kerkhove, du programme d’urgence sanitaire de l’OMS.

Ont-ils contaminé d’autres personnes lors de leur périple ? La croisière a commencé le 1er avril depuis Ushuaïa, en Argentine, et les voyageurs ont effectué six escales différentes. Deux passagers ont été déposés sur l’île de Sainte-Hélène : un homme mort pendant le voyage, et sa femme envoyée par avion à Johannesburg, en Afrique du Sud. Décédée quelques jours plus tard, les tests ont confirmé sa contamination au virus. Par précaution, l’OMS cherche aujourd’hui à retrouver les passagers qui ont volé avec elle. 

Un quatrième malade est toujours hospitalisé en soins intensifs. Il n’y a aucun traitement spécifique, le virus s’évacue de lui-même. Pour détecter cette maladie déjà connue, il suffit d’un test PCR, comme pour le Covid, et d’une prise de sang. « Ces types de tests sont communs. Si on a un laboratoire suffisamment équipé avec du personnel formé, on peut avoir le résultat en quelques heures », assure Anaïs Legrand, experte des fièvres hémorragiques de l’OMS. Aucun vaccin n’existe, mais l’OMS assure que le risque de pandémie reste faible. 

Rania HOBALLAH | Reportage : Lise CLOIX et Elodie DUBOSCQ

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