Prise entre l’inflation persistante provoquée par la guerre au Moyen-Orient et la volonté de Donald Trump de voir les taux baisser, la Réserve fédérale américaine (Fed) a fait mercredi le choix de ne pas choisir, en maintenant ses taux inchangés.
A l’issue de sa traditionnelle réunion de deux jours, le comité de politique monétaire (FOMC) a décidé de maintenir ses taux dans la fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, pour la cinquième fois d’affilée.
Selon l’outil de veille de CME, FedWatch, environ les deux tiers des analystes avaient anticipé une telle décision. Mais dans le même temps, un tiers des analystes étaient prêts à parier sur une hausse des taux d’intérêt.
Une part importante d’avis divergents parmi les spécialistes, inédite la veille de la décision, qui s’expliquait notamment par la volonté du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, de ne plus donner en amont d’indication sur la direction que pourrait prendre la banque centrale.
Dans ses premières déclarations publiques en tant que président de l’institution, Kevin Warsh avait réaffirmé que celle-ci serait concentrée sur le fait de ramener de la stabilité dans les prix, sans pour autant donner d’indication quant à la méthode envisagée.
Un relèvement des taux aurait cependant représenté un cas de figure défavorable pour le président Donald Trump qui a promis de faire baisser les prix comme les coûts d’emprunt. Et le FOMC a âprement discuté du sujet: trois de ses membres se sont même prononcés en faveur d’une telle décision.
Tout sauf une surprise, plusieurs avaient affirmé qu’ils l’envisageaient, l’un d’entre eux, Christopher Waller, ayant estimé mi-juillet que la Fed, devait « se tenir prête à resserrer sa politique monétaire pour éviter une répétition de l’épisode d’inflation de 2020-2021 », durant la pandémie de Covid-19.
Si M. Waller s’est finalement prononcé en faveur du statu quo, ce n’est pas le cas de ses collègues Beth Hammock, Lorie Logan et Neel Kashkari.
Avant de nommer Kevin Warsh – dont il ne cache pas attendre une politique monétaire plus accommodante – M. Trump a mené une campagne acharnée contre celui qui a occupé pendant huit ans son fauteuil, Jerome Powell.
Le président américain a maintenu la pression sur la banque centrale jusqu’au dernier moment, en assurant lundi que « le rapport sur l’inflation a été très bon », avec des « coûts qui baissent rapidement ». Suffisant à ses yeux pour justifier que « les taux devraient être abaissés », a-t-il de nouveau martelé.
– Inflation temporaire –
En réalité, l’inflation est repartie à la hausse ces derniers mois, principalement du fait de la guerre au Moyen-Orient consécutive aux bombardements américains et israéliens en Iran.











