Avec notre correspondant à Tokyo, Bruno Duval
Près de 40% des salariés japonais occupent un emploi précaire et, parmi eux, beaucoup sont rémunérés au salaire minimum. Une situation qui rend difficile de joindre les deux bouts.
Keiko, un prénom d’emprunt, ne prend ainsi que deux repas par jour faute de moyens. « 50 yens en plus, c’est mieux que rien mais, malgré cette hausse, je ne m’en sortirai toujours pas, financièrement », témoigne-t-elle. À près de 40 ans, elle vit toujours chez sa mère car son salaire ne lui permet pas de payer un loyer.
Sa mère occupe elle aussi un emploi précaire et est rémunérée au salaire minimum. Keiko redoute donc le moment de sa retraite, lorsqu’elle ne touchera qu’« une pension d’un montant dérisoire ». « C’est là que, toutes les deux, on sera encore plus dans le pétrin », confie-t-elle.
Une hausse difficile à absorber pour certains employeurs
Un restaurateur qui emploie plusieurs jeunes au salaire minimum se réjouit que son personnel puisse gagner un peu mieux sa vie, tout en soulignant les difficultés que cette hausse représente pour son activité. « 10% de hausse salariale en deux ans, c’est compliqué à gérer, pour moi, en termes de trésorerie », explique-t-il. Ses recettes sont par ailleurs limitées par l’inflation : selon lui, de nombreux Japonais se serrent la ceinture et sortent moins qu’auparavant. « Bref, les temps sont durs pour tout le monde », résume-t-il.
Pour autant, la Première ministre Sanae Takaichi, ultra-libérale sur le plan économique, vient d’annoncer que le salaire minimum horaire n’atteindrait 1 500 yens, soit environ 8 euros, que dans les années 2030. Son prédécesseur, le conservateur modéré Shigeru Ishiba, avait promis d’atteindre ce niveau avant la fin des années 2020.
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