Eliminer les barrières internes, supprimer les fardeaux réglementaires et protéger le « Made in Europe »: les Vingt-Sept se réunissent jeudi en Belgique pour accélérer les réformes visant à redresser la compétitivité de l’économie européenne, débordée par la concurrence chinoise exacerbée et l’hyperpuissance américaine débridée.
Les dirigeants de l’Union européenne vont se retrouver dans le cadre privilégié du château d’Alden Biesen, dans la province flamande du Limbourg. Une ancienne commanderie teutonique, à la fois monastère et forteresse militaire, dont les salles baroques entièrement restaurées servent désormais de centre de conférences.
Au programme de cette « retraite », dont le format plus informel veut trancher avec le cadre rigide des sommets bruxellois: l’urgence à réformer le marché unique européen, vaste espace de 450 millions de consommateurs, devenu au fil des décennies la colonne vertébrale de la construction européenne.
Un moteur qui menace aujourd’hui de caler, face aux assauts simultanés de la Chine qui contrôle les terres rares essentielles à l’industrie mondiale, inonde l’Europe de ses petits colis et dont l’excédent commercial gonfle sans cesse, et des Etats-Unis, qui depuis le retour au pouvoir de Donald Trump ont menacé d’annexer le Groenland, dégainé l’arme des droits de douane et tiré à boulets rouges contre les règles numériques et environnementales de l’UE.
Alors que la part de l’UE dans le PIB mondial est tombée sous les 15%, ce sombre diagnostic est largement partagé en Europe, depuis le rapport aux allures d’électrochoc présenté il y a 18 mois par l’ancien président de la BCE, Mario Draghi.
« Voulons-nous rester un simple grand marché, soumis aux priorités des autres? Ou voulons-nous prendre les mesures nécessaires pour devenir une puissance? », a martelé début février l’économiste italien, qui échangera avec les dirigeants européens à Alden Biesen.
Car de la puissance économique dépend la capacité de l’UE à financer son effort de réarmement historique, négocier des accords commerciaux plus avantageux, et éviter d’être reléguée sur la scène internationale.
Les discussions de jeudi ne visent pas à définir des solutions, déjà largement identifiées, mais à tenter d’accélérer leur mise en oeuvre.
La Commission européenne a déjà élaboré un vaste programme de réformes visant à renforcer la compétitivité du bloc, sur tous les plans.
– Traitement de choc –
Il s’agit de lever les barrières internes qui entravent l’activité économique, parfaire « l’union des marchés de capitaux » pour mettre l’épargne au service des entreprises, et réduire l’empilement des règlementations européennes et nationales.













