Avec notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-Leu
C’est dans son quartier de Sapéké que Losseba Ngoutiwa a commencé la musique, tout jeune. À l’époque, faute de moyens, il fabriquait avec ses amis des instruments de fortune à partir de boîtes de conserve et de bouteilles : « On fouillait sur les poubelles pour récupérer les boîtes de lait et les bouteilles, pour les utiliser comme batteries et micros. On composait nos chansons sous les manguiers du quartier. On aimait la musique. »
Vingt ans plus tard, Losseba Ngoutiwa a créé son orchestre, Sapéké Maison Mère, et s’est imposé parmi les figures de la musique centrafricaine. Artiste polyvalent, il explore la rumba, l’afrobeat et plusieurs rythmes traditionnels centrafricains, notamment le Ngarké, le Motéguéné et le Gbadouma.
De Sapéké au Nouveau Casino de Paris, son parcours inspire ses admirateurs, parmi lesquels Léo Papy Bénam : « Il a toujours été un acteur qui a su valoriser les couleurs de la République centrafricaine. Le Nouveau Casino de Paris, c’est plus de 400 places. Cela va marquer la présence centrafricaine au niveau international ».
Pour Losseba Ngoutiwa, ce concert historique est aussi une occasion de mettre en lumière le talent centrafricain: « Je suis très fier car, pendant des années, on a seulement joué dans des petites salles des fêtes, par manque de producteurs. Dieu m’a permis maintenant d’ouvrir le chemin comme un grand libérateur. J’espère que ce concert va ouvrir la voie à d’autres artistes centrafricains, pour qu’ils osent se produire dans d’autres grandes salles à l’international. »
Après son concert au Nouveau Casino de Paris, Losseba Ngoutiwa vise également un grand concert inédit au complexe sportif Barthélemy-Boganda de Bangui, la plus grande enceinte sportive du pays, d’une capacité de 20 000 places.
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Un moment historique pour la musique centrafricaine
L’événement est organisé par One for Africa et Tatara Productions. Ce concert est devenu réalité grâce à la mobilisation de la communauté centrafricaine en France, ainsi qu’à celle des réseaux sociaux et des médias qui se sont fortement mobilisés.
« C’est la première fois qu’un artiste centrafricain va se produire dans un lieu de cette importance. C’est la première fois que des producteurs, jeunes centrafricains, vont aller chercher un jeune musicien qui travaille sur l’originalité, sur une musique centrafricaine originale, se produit dans un lieu dont le nom résonne dans le monde évènementiel musical de la diaspora, du world music », raconte Vincent Mambachaka, conseiller Afrique du Théâtre de la Ville de Paris, metteur en scène et promoteur du mythique espace culturel Linga Tèrè à Bangui.
Et d’ajouter : « L’artiste lui-même est original. Il travaille sur des musiques qui viennent de la forêt, d’une partie de la République centrafricaine – la région de la Lobaye – et il puise ses sources et ses inspirations sur les rythmes Motéguéné qui sont des rythmes issus de la population pygmée et d’autres peuples, les Djombo, les Mbatis, les Mbaka. Et c’est la symbiose de cette musique-là qu’il essaye de porter, accompagné par des jeunes artistes centrafricains. »
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