- Le tricot, la peinture ou encore le crochet ont le vent en poupe.
- Ces loisirs analogiques permettent de ralentir le rythme et de lutter contre le stress de la vie quotidienne.
- Une version moderne de la pleine conscience.
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Bien dans son corps, bien dans sa tête
Alors que le monde semble de plus en plus chaotique et que notre temps de cerveau disponible est aspiré par les nouvelles technologies, une nouvelle tendance se dessine : le retour aux plaisirs simples, aux loisirs analogiques. Exit le scrolling infini sur les réseaux sociaux, les heures passées devant les plateformes de streaming et place à des activités plus douces, plus lentes et plus conscientes. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes trouvent du confort et du réconfort dans les loisirs créatifs comme le tricot, le crochet, la peinture, la sculpture sur bois. D’après CNN
, aux États-Unis, le site Internet du magasin de loisirs créatifs Michael’s a vu ses ventes augmenter de 136% au cours des six derniers mois et les recherches de kit de tricot ont bondi de 1.200% en 2025. En France, une étude réalisée par OpinionWay note que 35% des moins de 35 ans pratiquent le tricot. De plus, ils sont trois Français sur quatre a déclarer que cette activité les détend, leur fait du bien et leur permet de s’évader. Les adeptes du tricot sont même 74% à estimer se sentir mieux et plus heureux depuis qu’ils ont intégré les aiguilles et la laine dans leur vie. Et, à l’heure où la musique s’écoute en streaming, les ventes de vinyles continuent de faire de la résistance. Une manière de sacraliser le moment avec tout le cérémonial qui entoure la platine.
La pleine conscience version 2.0
Pour le psychothérapeute Phil Lane, ce retour aux loisirs analogiques serait une version « moderne de la pleine conscience
« . Cette pratique, écrit-il dans Psychology Today
« invite à ralentir, à faire moins et à s’investir davantage dans la vie
« . Ces loisirs analogiques ou créatifs nous poussent à nous couper des stimuli extérieurs, des informations anxiogènes et des sur-sollicitations intempestives et nous obligent à rester concentrés sur une tâche. Lorsque l’on peint, ou que l’on crochète une écharpe, nous répétons des mouvements avec précision et « toute distraction ou inattention pourrait entraîner une erreur
« . Résultat : en stoppant le flux des sollicitations extérieures qui engendrent du stress et de l’anxiété, le « système nerveux s’apaise, ralentit et retrouve un équilibre sain
« . C’est également un moyen d’occuper son esprit, mais aussi son corps. Lorsque l’on tricote, nos mains sont occupées et pendant ce temps-là, on ne regarde pas son téléphone.
On le sait, passer trop de temps sur les écrans est néfaste pour la santé, car cela a un impact sur la mémoire, la concentration, le sommeil et augmente la dopamine et le taux de cortisol. De même pour l’exposition constante à divers contenus. Et pour y remédier, la solution reste de ralentir le rythme avec des activités plus douces (comme le yoga, les exercices de respiration ou encore la méditation) et plus conscientes comme les loisirs analogiques. C’est comme regarder l’heure sur une horloge, conclut le psychothérapeute : « l’horloge numérique se contente d’afficher l’heure, l’horloge analogique, elle, exige qu’on la regarde vraiment et qu’on y prête attention »
. Ainsi, on n’est davantage dans le moment présent.













