Voilà plus de deux mois que le détroit d’Ormuz est presque totalement fermé à la navigation. Ni les menaces ni les velléités de négociation des Américains n’y ont rien fait, pas plus que les offres d’assistance aux navires bloqués dans le passage. C’est l’un des plus gros chocs énergétiques de l’histoire, sans aucune résolution en vue. Voici ses conséquences en détail.
Pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz, par semaine
Avant la guerre, le détroit d’Ormuz voyait passer chaque mois environ 1 500 navires pétroliers. Ils ne passent plus qu’au compte-gouttes : en avril, on estime qu’ils n’ont été que 180. C’est l’équivalent de 12 % de la consommation mondiale qui manque à l’appel, selon nos estimations. Pour chaque mois supplémentaire de fermeture du détroit, c’est 2 % de la consommation annuelle de gaz naturel liquéfié qui fait défaut.
Détroit d’Ormuz, exportations de pétrole brut par destination, en millions de barils par jour (2025)
Environ 85 % du pétrole et 90 % du gaz qui transitent en temps normal par le détroit sont destinés à l’Asie. Après la fermeture d’Ormuz, les cours du pétrole ont bondi – de plus de 70 %, même, dans certains pays. Un choc particulièrement violent là où les réserves sont basses, comme au Pakistan ou aux Philippines.
Importations de GPL en millions de tonnes (2025)
La cuisine au gaz de pétrole liquéfié est très répandue dans de nombreux pays d’Asie, or une grande partie de ce GPL est importé via le détroit d’Ormuz. En Inde, où cette part atteint 90 %, la crainte d’une pénurie s’est traduite par une fièvre d’achats. Privés de ce combustible, certains restaurants ont dû fermer.
Origine des importations de naphta dans une sélection d’économies d’Asie (2025)
Les plastiques ont vu leur prix s’envoler avec celui du pétrole brut, dont ils sont généralement dérivés. D’autres matériaux entrant dans leur composition, notamment des produits du raffinage comme le naphta, proviennent aussi du Moyen-Orient. Plusieurs fabricants de plastique en Asie, s’estimant confrontés à un cas de force majeure, se sont affranchis de certaines obligations contractuelles.
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