- La moitié des dirigeants d’entreprise ont déjà été confrontés à des souffrances psychologiques, révèle une étude publiée lundi.
- Ces troubles s’accompagnent souvent, relève l’enquête, d’une difficulté à « adopter les bons réflexes pour se préserver ».
Suivez la couverture complète
Les Français travaillent-ils trop ?
Stress administratif et incertitude économique pèsent sur le moral des dirigeants d’entreprises. Même si trois quarts se disent en bon état moral, la moitié ont déjà été confrontés à des souffrances psychologiques, révèle une étude publiée lundi. Dans le détail, la plupart (88%) de ces dirigeants se disent « globalement en bonne santé »
, soit dix points de plus en 10 ans, selon ce 11ᵉ baromètre annuel de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur, réalisé par l’Ifop du 17 février au 5 mars auprès de 1.000 dirigeants d’entreprises de toutes tailles. Par ailleurs, 76% des entrepreneurs se disent en bon état psychologique, soit +9 points en un an, 2025 ayant marqué un plus bas à 67%.
Mais outre les 24% de personnes actuellement en situation de mal-être, 27% disent l’avoir été par le passé : 51% des dirigeants connaissent ou ont connu des difficultés psychologiques. Ces troubles s’accompagnent souvent, relève l’étude, d’une difficulté à « adopter les bons réflexes pour se préserver ».
La charge administrative, première source de tension
Ainsi, 73% de l’ensemble des dirigeants parviennent à protéger leur équilibre de vie entre le professionnel et le personnel, mais seulement 53% de ceux éprouvant actuellement des difficultés psychologiques. La moitié de l’ensemble (53%) indique « se déconnecter régulièrement du travail en coupant ses outils numériques »,
mais seulement 38% de ceux qui présentent ces troubles. De surcroît, si 73% de l’ensemble disent avoir « une entreprise qui se développe bien »,
seuls 51% de ceux en souffrance sont dans ce cas.
Parmi les difficultés du quotidien, la charge administrative et réglementaire demeure de loin la première source de tension, citée par 64% des dirigeants, devant la surcharge de travail (55%) et l’incertitude liée au contexte économique (54%).
Ces facteurs pèsent plus lourdement encore chez les dirigeants en mauvaise santé psychologique, qui apparaissent davantage préoccupés par les charges administratives (82% d’entre eux), l’incertitude (76%) et la pression financière (60% contre 37% pour l’ensemble). Un tiers (34%) d’entre ceux qui souffrent envisageraient de stopper leur activité.
« Le mal-être des dirigeants est loin d’être un phénomène isolé et touche tous les profils, sans distinction d’âge, de milieu professionnel, ou d’ancienneté »,
observe Sylvie Bonello, déléguée générale de la Fondation. Cependant, déplore-t-elle, « l’accompagnement est encore loin d’être un réflexe ».
12% de ceux qui vont mal psychologiquement se font aider, 16% disent qu’ils aimeraient le faire, mais 72% ne souhaitent pas être accompagnés.




