Elle pèse plus de 200.000 emplois et a investi des quartiers entiers: à New York, l’industrie de la tech pèse dans le dynamisme économique local comme jamais, mais accentue aussi marginalement le trait d’une ville à deux vitesses.
Ian Amit se souvient de son installation à New York il y a 25 ans. A l’époque, « on aurait probablement pu compter le nombre de start-up (technologiques) sur les doigts des deux mains », explique le patron de la société de cybersécurité Gomboc.ai.
Un quart de siècle plus tard, l’organisation professionnelle Tech:NYC en recense plus de 2.000.
« Tous les indicateurs » montrent que l’empreinte tech « s’est agrandie » dans la Grosse Pomme, surnom de la ville, martèle Julie Samuels, présidente de Tech:NYC, qui mentionne également « l’implantation des gros employeurs » du secteur.
Si le plus visible est Salesforce et sa tour siglée proche de Times Square, l’épicentre de la tech à New York est ailleurs.
Jadis baptisé « Silicon Alley » (référence à la Silicon Valley californienne) et centré autour de Broadway, il s’est désormais étendu à une bonne partie des quartiers situés au sud de la 34e rue, vaste zone appelée Midtown South, de Chelsea à SoHo.
Au cœur de ce maillage trône Google, qui occupe pas moins de six bâtiments et plusieurs centaines de milliers de mètres carrés. A l’instar de Meta, Microsoft ou Amazon, la filiale d’Alphabet a choisi des bâtiments anciens avec du cachet plutôt qu’une tour rutilante.
Le retrait en 2019, sous la pression de l’opinion, du mégaprojet de second siège d’Amazon dans le quartier de Queens avait fait craindre un coup de frein pour la tech à New York, de même que le télétravail post-Covid.
Mais l’industrie a fait mieux que se relever des deux, la détérioration récente du marché de l’emploi permettant aux entreprises d’imposer un retour au bureau.
L’an dernier, plus de 700.000 m2 de bureaux dans Midtown South ont été loués, un record », explique Peter Johnson, du spécialiste de l’immobilier commercial Avison Young. « Tout suggère que cela va continuer ou, a minima, rester au même niveau », ajoute-t-il. A tel point qu’un nombre croissant de sociétés s’aventurent maintenant plus bas dans Manhattan ou même à Brooklyn, comme Etsy ou Kickstarter.
– « Tout est ici » –
A Manhattan, au milieu des immeubles historiques de taille raisonnable, avec transports et commerces à proximité, loin du chaos et des gratte-ciel du quartier d’affaires de Midtown, « c’est là que ces entreprises veulent s’établir », poursuit l’agent.











