Les ambassadeurs européens, encore présents à Téhéran – une vingtaine –, se sont rendus un à un à leur convocation. Entre le 1er et le 2 février, une vingtaine de minutes, tout au plus, ont suffi aux représentants des autorités iraniennes pour les sermonner. Le contenu des griefs n’avait rien d’une surprise. Le régime est outré par la décision de l’Union européenne, actée le 29 janvier, de désigner les gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime, nantie d’un pouvoir économique et politique considérable, comme une organisation « terroriste ».
Les pasdaran sont les principaux acteurs de la répression sanglante des manifestations massives qui ont déstabilisé le régime en ce début d’année. Les massacres sont péniblement documentés du fait du blocage d’Internet par les autorités iraniennes. Mais selon le dernier décompte de l’organisation Human Rights Activists in Iran, au moins 6 305 manifestants ont été tués tandis que 17 091 cas sont en cours d’examen. Selon les témoins sur place, le bilan pourrait être plus lourd encore. « Le peuple iranien vient de traverser son propre massacre de Babi Yar », commentait le 28 janvier, le chercheur irano-israélien Meir Javedanfar, cité par le quotidien israélien Haaretz, en référence à la Shoah par balles, en Ukraine, en 1941.
Il vous reste 77.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.











