Avec notre correspondante à Bagdad, Marie-Charlotte Roupie
Des dizaines de personnes ont été placées simultanément en détention pour soupçons de corruption, ce qui n’avait jamais été fait depuis 2003 en Irak.
Pour Rahim el-Daraji, ancien membre d’opposition du Parlement et très engagé dans la lutte contre la corruption, le nouveau gouvernement irakien a voulu frapper fort : « Cela fait plus de 23 ans que les composantes qui gouvernent l’Irak se sont engagées entre elles à n’ouvrir aucun dossier de corruption, explique le secrétaire général du mouvement Kafa. C’est pourquoi la corruption s’est généralisée à toutes les institutions de l’État. Ce gouvernement est considéré comme étant en dehors du cadre des partis, il est arrivé par une volonté internationale. C’est sa première étape dans la lutte contre la corruption. »
Cette grande campagne découlerait de l’arrestation, fin mai, du vice-ministre du Pétrole Adnan al-Jumaili, lui-même accusé de corruption et de détournements de fonds publics. « Selon les informations dont je dispose, Adnan al-Jumaili a dénoncé plus de 103 responsables irakiens, au niveau du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif », poursuit Rahim El-Daraji.
Au moins une quinzaine de députés ont été arrêtés. Rahim el-Daraji veut croire que l’Irak parviendra à mettre fin à la corruption, mais reste vigilant : « Il y a des mandats d’arrêt qui surprendront tout le monde en raison des noms qui seront arrêtés. Mais s’il y a une option selon laquelle on en arrivait à faire des compromis avec ces voleurs, nous nous y opposerons de toutes nos forces. »
Il en est certain : d’autres noms découleront des arrestations de ce week-end en Irak.











