« L’Inventaire des rêves » (Dream Count), de Chimamanda Ngozi Adichie, traduit de l’anglais (Nigeria) par Blandine Longre, Gallimard, « Du monde entier », 656 p., 26 €, numérique 16 €.
Comme celles du Seigneur, les voies des éditeurs sont impénétrables. Qui s’intéresse à la littérature étrangère et à l’Afrique sait que le Nigeria – qui reste aujourd’hui une pépinière de nouveaux talents – offre depuis longtemps de grandes plumes aux lettres anglophones : ne seraient-ce que celles de Chinua Achebe (1930-2013) ou de Wole Soyinka, premier auteur noir Prix Nobel (1986), qui tous deux subjuguèrent leurs publics par leur art de conter, de manier et de remanier la langue anglaise.
Pourtant, lorsque la jeune Chimamanda Ngozi Adichie, à la fin des années 1990, frappait aux portes des maisons d’édition dans l’espoir que l’une d’elles veuille bien défendre son premier livre, L’Hibiscus pourpre (Anne Carrière, 2004, réédité ces jours-ci chez Folio dans une édition collector, 416 pages, 9,50 euros), elle se heurtait à des refus péremptoires : « Le Nigeria ? Cela n’intéresse personne ! »
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