CHRONIQUE
Le point de départ de Bridgerton est une préoccupation commune à toutes les classes sociales : marier les enfants, surtout les filles, afin de leur garantir une situation. Jane Austen en a fait un best-seller, et les huit enfants Bridgerton sont les dignes héritiers des filles Bennet. Tirée d’une saga romanesque signée de l’Américaine Julia Quinn, la série made in Shondaland tient sa forme de son ancrage dans la littérature « jeune adulte » – le drame en costumes, dépoussiéré et travaillé à l’inclusivité, se met au service d’un certain décryptage de la société contemporaine.
A condition qu’on aime ses décors de carton-pâte et ses sujets trop maquillés, la cour de la reine Charlotte (vaguement inspirée de la régence de Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, entre 1761 à 1818) est l’arène de tous les possibles depuis qu’un décret a accordé les mêmes droits à tous les citoyens, blancs ou non. La première saison mettait en scène les amours de Daphné, fille aînée des Bridgerton, et du duc de Hastings, un séduisant métis. La deuxième s’intéresse au triangle amoureux formé par le fils aîné, Anthony, et les sœurs Sharma, d’origine indienne. Dans Bridgerton, tous les couples sont mixtes. Ou presque, puisque la troisième saison a pour héros Colin Bridgerton et son amie de jeunesse Pénélope, tous les deux blancs comme neige. Sauf que Penelope ne correspond pas aux canons de beauté promus par ailleurs dans la série. En faire le personnage principal de la saison 3 a en quelque sorte permis de rééquilibrer un casting multicolore mais désespérément filiforme.
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