Ce 11 février [2025], J. D. Vance traverse d’un pas rapide le hall aux verrières monumentales du Grand Palais et quitte le sommet [pour l’action sur l’intelligence artificielle, IA] de Paris sans même écouter les discours de ses homologues. Quelques minutes auparavant, le vice-président des Etats-Unis a mené une violente charge devant un parterre de représentants de la centaine de pays invités, dont Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Une réglementation excessive du secteur de l’IA pourrait tuer une industrie transformatrice », a-t-il attaqué, se disant « troublé d’entendre qu’en Europe on envisage de serrer la vis aux entreprises américaines ». « Nous ne l’accepterons pas », a-t-il lâché froidement, pointant du doigt le règlement européen sur l’IA (AI Act) mais aussi d’autres piliers de la régulation du numérique européenne comme le Digital Services Act sur les réseaux sociaux ou le RGPD [Règlement général sur la protection des données] sur la vie privée.
Voilà des années que les Big Tech mènent un intense lobbying contre les tentatives de l’Europe de les réguler. L’ancien commissaire européen Thierry Breton se souvient bien des multiples rendez-vous et même d’une tournée qu’il entama aux Etats-Unis afin de convaincre Meta, Apple, Google et consorts du bien-fondé de la volonté de Bruxelles. « La résistance était déjà très grande, raconte-t-il aujourd’hui. Le Financial Times et Le Point avaient d’ailleurs publié, en 2020, la note de lobbying dans laquelle Google exposait “comment contrer Thierry Breton” et détaillait les méthodes de l’entreprise pour renverser la vapeur de la nouvelle législation numérique en cours d’élaboration à Bruxelles, le Digital Services Act. » Cinq ans plus tard, les dirigeants de la tech ont trouvé, avec le retour de Donald Trump, un allié sur la scène internationale.
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