Un Pascal Praud peut en cacher un autre. A moins que l’on assiste à une sorte de mue cathodique… La première séquence remonte au 6 octobre 2001. Alors reporter au service des sports de TF1, « Praud Pascal », comme s’amusent à l’appeler les commentateurs Thierry Roland (1937-2012) et Jean-Michel Larqué, assiste à l’envahissement du terrain du Stade de France par des spectateurs du match France-Algérie. Marseillaise sifflée, match arrêté… Commentaire de Praud en direct : « Il ne faut pas dramatiser. C’est une poignée de quelques spectateurs (…). La grande majorité du public, beaucoup de jeunes Français originaires d’Algérie, avait envie de chanter les deux hymnes, ensemble. »
A l’époque, donc, « Praud Pascal » fraternise.
Vingt-cinq ans plus tard, Pascal Praud attise.
Un samedi d’hiver, le même homme pose pour un selfie avec un admirateur croisé dans une rue du 7ᵉ arrondissement de Paris. « Heureusement que vous êtes là, lui lance ce « fan ». Vive la France, vive la patrie ! » Un « sauveur de la patrie », ce sexagénaire au conservatisme débridé ? Une chose est sûre : aux commandes depuis 2017 de « L’Heure des pros », l’émission phare de CNews, il est devenu un phénomène médiatique et politique. En 2025, CNews s’est hissée en tête des chaînes d’information, avec 3,4 % de part d’audience. L’animateur aux chemises roses et aux costumes rayés, lui, écrase la concurrence. Tête de gondole de l’empire médiatique du milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré, il s’est même offert un record, avec 720 000 téléspectateurs le 8 octobre 2025, dans la matinale de « L’Heure des pros » (9 heures-10 h 30). Le soir (20 heures-21 heures), dans sa seconde partie, l’émission dépasse parfois le million de fidèles. La tendance, en janvier, ne faiblit pas.
Et pourtant, l’intéressé l’explique au Monde, « cette émission, on la fait à deux », allusion à la voix qui susurre dans son oreillette, celle de Marine Lançon, sa cheffe d’édition depuis neuf ans. Un peu plus qu’à deux, tout de même, puisqu’il est entouré de chroniqueurs, très majoritairement situés à droite ou à l’extrême droite de l’échiquier politique.
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