La France insoumise (LFI) a annoncé ce lundi 16 février avoir saisi le Conseil d’État pour contester son nouveau classement par le ministère de l’Intérieur. Pour la première fois de son histoire, le mouvement dirigé par Jean-Luc Mélenchon et fondé en 2016 a été placé dans la catégorie « extrême gauche », décision que ses responsables jugent infondée.
« Notre recours est déposé devant le Conseil d’État, et il vise à contester notre classement à l’extrême gauche », a expliqué sur LCP la cheffe des députés de LFI, Mathilde Panot. « Normalement, la décision devrait arriver assez rapidement, et même avant les municipales. J’espère que cela ira très vite, et nous avons bon espoir d’être entendus. »
LFI « d’extrême gauche » ? Ce que dit la circulaire attaquée par les insoumis
Dans une circulaire publiée par le ministère de l’Intérieur, qui fixe l’attribution des nuances aux candidats pour les élections municipales de mars, le mouvement de gauche radicale fondé en 2016 a été classé dans le bloc « extrême gauche », au même titre que Lutte ouvrière ou le Nouveau Parti anticapitaliste.
Mathilde Panot s’indigne de cette répartition : « Nous avons décidé de rentrer dans les institutions et de faire la révolution par les urnes. Et ce n’est pas la stratégie de l’extrême gauche. Je rappelle que dans toutes les élections précédentes, nous avions été classés à gauche. »
La question est significative pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui réfute régulièrement ce qualificatif « d’extrême » brandi par ses opposants politiques, notamment parce qu’il considère qu’il s’agit d’une manière de le comparer au Rassemblement national. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella rejette d’ailleurs régulièrement le terme d’« extrême droite ».
« Très fort de café »
Malgré l’indignation de La France Insoumise, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré assumer « totalement » cette décision. « Chez la France insoumise il y a un refus de la discussion parlementaire, des appels systématiques à la censure, on refuse d’aller voir le gouvernement pour des réunions de travail », a-t-il expliqué.
« Comme ministre de l’Intérieur, je tiens compte de la réalité des situations ». Pour chaque élection, « on adapte le nuançage et on tient compte de l’évolution de la vie politique », a-t-il ajouté. Une décision qui rencontre un large soutien dans l’opinion : selon une étude Ifop publiée ce lundi, 70 % des Français jugent justifié le classement de La France insoumise à l’extrême gauche, contre seulement 30 % qui le contestent.
Pour autant, Mathilde Panot rejette fermement l’argumentaire de Laurent Nuñez : « Quand vous entendez le ministre de l’Intérieur expliquer que, parce que nous appelons à la censure du gouvernement, alors nous serions à l’extrême gauche… C’est quand même un argument qui est très fort de café », a-t-elle dénoncé sur LCP ce lundi.
La cheffe des députés de La France insoumise a également appelé à « imaginer une autorité indépendante » pour classer les forces politiques, plutôt que de confier cette mission au ministère de l’Intérieur. Selon elle, « cela rendrait les choses un peu plus sérieuses ».
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