mercredi, avril 22

  • Annoncés à la dernière minute, le prince William et son épouse Kate ont assisté à la cérémonie des Baftas, dimanche soir à Londres.
  • Une sortie officielle qui intervient dans le contexte de l’affaire Andrew, rattrapé par ses liens avec Jeffrey Epstein.
  • S’il a refusé de s’exprimer sur le tapis rouge, l’héritier de la couronne a confié son désarroi en coulisses.

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Affaire Epstein : l’ex-prince Andrew au coeur d’une enquête au Royaume-Uni

C’était sa première sortie officielle depuis son voyage en Arabie saoudite… et l’interpellation retentissante de son oncle, l’ex-prince Andrew. Héritier de la couronne britannique, le prince William a assisté dimanche 22 février au soir, à Londres, à la 79ème cérémonie des Baftas, les trophées du cinéma britannique, en compagnie de la princesse Kate. Samedi, c’est en solo que cette dernière s’était rendue au stade de Twickenham afin d’assister au match de rugby opposant l’Irlande à l’Angleterre dans le cadre du Tournoi des 6 Nations.

Veste de velours rouge pour lui, robe rose pâle pour elle, le couple a foulé le tapis sous les flashes des photographes, avides de la moindre réaction. « Votre altesse, la monarchie est-elle en péril ? », a demandé à William une journaliste, comme on peut l’entendre sur une vidéo postée sur les réseaux sociaux par Vanity Fair. Impassible, il s’est dirigé vers l’entrée du Royal Festival Hall avec son épouse comme s’il n’avait pas entendu la question.

Durant la soirée, William est monté sur scène pour remettre la plus haute distinction de l’Académie des Baftas à Donna Langley, la présidente britannique de la major Universal, anoblie par Elizabeth II en 2020. Après l’avoir remerciée pour son « soutien constant en faveur des talents britanniques à l’étranger », il a salué « une lumière vive pour tous ceux qui débutent dans les industries créatives, en montrant que tout est possible. »

William dimanche soir dans les coulisses des Baftas. Un prince préoccupé ? – Getty Images via AFP

Parmi ses sujets qui brillent sur les écrans du monde entier, il y a notamment Jessie Buckley, récompensée pour son rôle dans Hamnet, sacré meilleur film britannique de l’année. D’après l’un des organisateurs de la soirée, cité par l’AFP, l’aîné de Charles III a confié ne pas avoir vu le drame de Chloé Zhao, qui raconte comment la mort du fils de Shakespeare aurait inspiré Hamlet. « Je dois être dans un état assez calme, ce qui n’est pas le cas pour le moment », lui a-t-il avoué.

La princesse Kate, tout sourire, avait assisté samedi au match de rugby à Twickenham.
La princesse Kate, tout sourire, avait assisté samedi au match de rugby à Twickenham. – AFP

Outre-Manche, la venue de William et Kate avait été tenue secrète jusqu’au dernier moment, dans le contexte que l’on connaît.  Avant le départ du prince pour l’Arabie saoudite début février, Kensington Palace avait fait savoir dans un communiqué que « le prince et la princesse de Galles sont profondément préoccupés par les révélations qui se succèdent » dans l’affaire Epstein, le palais ajoutant que « leurs pensées restent tournées vers les victimes » du criminel sexuel qui s’est suicidé en prison en 2019.

La monarchie britannique menacée ?

Alors que le prince Andrew est accusé d’avoir transmis des informations confidentielles au pédocriminel américain à l’époque où il était envoyé spécial du Royaume-Uni pour le Commerce, de 2001 à 2011, le gouvernement britannique a annoncé vendredi qu’il envisageait une loi pour l’évincer de l’ordre de succession au trône. 

D’après un sondage YouGov publié vendredi, 82% des Britanniques sont favorables à une telle mesure. Mais selon le professeur et constitutionnaliste Robert Hazell, interviewé par l’AFP, elle devrait passer par le vote d’une loi non seulement au Royaume-Uni mais aussi dans les 14 autres pays du Commonwealth où Charles est le chef de l’État. Cela pourrait donc prendre des années.

En Australie, l’arrestation d’Andrew a déjà relancé le débat sur la monarchie, même si son Premier ministre, Anthony Albanese, partisan d’une république, a semblé écarter vendredi l’idée d’un référendum visant à destituer le monarque. Dans une interview au Guardian, il a indiqué qu’il entretenait de bonnes relations avec le roi Charles, qui selon lui aime l’Australie. « Mais cela ne change rien au fait que je pense qu’il devrait y avoir un chef d’État australien », a-t-il précisé. 

Jérôme VERMELIN

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