L’ex-Premier ministre britannique Tony Blair s’est dit ce samedi 17 janvier « honoré » d’avoir été choisi par Donald Trump pour faire partie de son conseil de la paix pour Gaza, louant le « leadership » du président américain, dans un communiqué transmis par son entourage.
« Je remercie le président Trump pour son leadership dans la création du Conseil pour la paix et je suis honoré d’avoir été nommé à son comité exécutif », a-t-il déclaré dans sa première prise de parole depuis sa nomination, aux côtés notamment du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, annoncée vendredi soir par le locataire de la Maison Blanche.
Ces nominations interviennent deux jours après le lancement de la phase 2 du plan Trump visant à mettre fin à la guerre dans le territoire, après trois mois de fragile cessez-le feu obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington. Concrètement, le Conseil de la paix doit superviser ce processus ainsi que le comité palestinien temporaire et technocratique composé de 15 personnalités formées pour administrer temporairement la bande de Gaza.
« La mise en oeuvre de ce plan exigera un engagement considérable et un travail acharné », a prévenu Tony Blair.
Un nom qui ne fait pas l’unanimité
Le nom de l’ex-dirigeant travailliste de 72 ans avait circulé dès l’automne, sans faire l’unanimité. Interrogée à l’automne par l’AFP, Sanam Vakil, la directrice du programme Moyen-Orient au groupe de réflexion Chatham House, avait assuré que Tony Blair avait joué un rôle central dans l’élaboration du plan de Donald Trump.
En août, l’ex-dirigeant britannique s’est rendu à la Maison Blanche avec le gendre du président américain, Jared Kushner, lui aussi nommé au Conseil de la paix, pour présenter un projet visant à mettre fin au conflit meurtrier dans le territoire palestinien, déclenché après l’attaque sanglante du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023. Tony Blair a travaillé à « obtenir le soutien des dirigeants arabes », avait assuré Sanam Vakil.
Cet homme charismatique a déjà de nombreux contacts et une vaste expérience de la région. Après son départ de Downing Street, et jusqu’à 2015, il avait été l’envoyé spécial du Quartet pour le Moyen-Orient, qui regroupait l’Union européenne, la Russie, les Nations unies et les États-Unis. Il avait joué le rôle de médiateur dans les négociations de paix et devait encourager le développement de l’économie et des institutions palestiniennes. Mais ce mandat n’avait pas atteint ses objectifs, dans un contexte de gel du processus de paix.
Critiqué pour son soutien à l’invasion américaine de l’Irak en 2003
Le retour de Tony Blair annoncé dans la région avait suscité de nombreuses critiques, notamment de la part de pays arabes en raison de son soutien à l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Ainsi le responsable palestinien Moustafa Barghouti, du groupe Palestinian National Initiative, avait dénoncé une « idée absolument horrible », jugeant « inacceptable » de faire appel à « une personne étrangère » pour gérer la bande de Gaza.
La décision de ce dernier d’engager son pays dans la guerre en Irak avait suscité une forte opposition. Des millions de manifestants avaient alors protesté dans les rues de Londres, l’accusant d’avoir menti sur la présence, jamais avérée, d’armes de destruction massive en Irak. Beaucoup, au Royaume-Uni comme au Moyen-Orient, ne lui ont pas pardonné. Il n’a jamais présenté ses excuses.
« Au moins, on peut reconnaître que l’on a écarté un despote (Saddam Hussein) du pouvoir (en Irak) pour tenter d’installer une démocratie », défendait Tony Blair dans une interview à l’AFP en 2023. Ses détracteurs estiment qu’il devrait être jugé pour crimes de guerre à cause de l’invasion de l’Irak.
Tony Blair avait pourtant été l’un des Premiers ministres britanniques les plus populaires, réussissant à se faire élire à trois reprises (1997, 2001 et 2005), dans un climat d’optimisme et de prospérité économique. En 1998, il est parvenu à faire signer un accord instaurant la paix en Irlande du Nord après trois décennies de conflit.
Article original publié sur BFMTV.com












