Dans une tribune au Monde du 19 décembre 2025, Denis Marchetti, conseiller municipal (Les Ecologistes) de la ville de Metz, tout en étant critique vis-à-vis de l’uniforme scolaire, déplore que les établissements scolaires s’étant lancés dans l’expérience aient été livrés à eux-mêmes, et que l’Etat ait silencieusement déserté un programme qu’il avait lui-même lancé. La loi de finances pour 2026 a enterré les derniers espoirs de ceux qui avaient voulu tester ce dispositif.
Certes l’heure est aux restrictions budgétaires, il faut faire des économies et sacrifier ce qui ne semble pas essentiel. Mais justement, alors que des sommes non négligeables ont été engagées (l’Etat finance 50 % des « tenues communes » pour plus d’une centaine d’établissements volontaires), elles ont été passées par pertes et profits.
La rigueur budgétaire aurait au contraire commandé que ces dépenses ne fussent pas inutiles et que, même si l’expérimentation devait être abandonnée, un bilan en soit tiré. Elle avait d’ailleurs été clairement lancée dans ce but, un protocole précis d’évaluation ayant été prévu par le ministère de l’éducation nationale. Or rien n’a été fait, et d’évaluation il n’y a pas eu.
Les conséquences ne pourront être que néfastes. Le débat autour de l’uniforme scolaire, déjà très orienté idéologiquement et mal informé, risque de reprendre un jour ou l’autre sur la même tonalité et en instrumentalisant des évaluations sauvages et partielles, à défaut de ce qui aurait pu être recueilli de façon un peu rigoureuse. Nous sommes en train de rater l’occasion de faire enfin parler les faits.
Une analyse critique honorable
Contrairement à ce qui est dit trop souvent, des études (près de 200) existent sur les effets sociaux de l’uniforme scolaire. Lorsqu’on tente d’en faire la synthèse, la première chose qui ressort est qu’une majorité d’entre elles est biaisée par un a priori idéologique : souvent, l’échantillon est élaboré pour faire dire à l’étude ce qu’on a envie qu’elle dise. Le grand nombre des études existantes, et leur caractère contradictoire, permet cependant d’effectuer une analyse critique honorable et d’en tirer des enseignements.
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