mardi, juillet 21

Madrid se lance pour la première fois dans la course au poste monétaire le plus élevé de la zone euro, sur fond d’indices croissants suggérant que Christine Lagarde quittera la Banque centrale européenne plus tôt que prévu, ouvrant la bataille de la succession.

Selon le quotidien économique espagnol Expansión, qui cite cinq sources proches du dossier, le gouvernement espagnol a choisi Pablo Hernández de Cos, directeur général de la Banque des règlements internationaux et ancien gouverneur de la Banque d’Espagne.

Les échanges entre Hernández de Cos et l’équipe du premier vice-président du gouvernement et ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, sont réguliers, assurent ces sources, et l’opération visant à installer l’Espagnol dans le bureau de la présidence au 40e étage de la tour de la banque centrale à Francfort, où Lagarde doit rester jusqu’en octobre 2027, est en préparation depuis des mois.

Interrogé, Hernández de Cos n’a pas souhaité commenter, tandis que le ministère de l’Économie a expliqué que l’Espagne, en tant que l’une des plus grandes économies de la zone euro et l’un des principaux actionnaires de la BCE, aspire naturellement à jouer un rôle majeur dans la prochaine phase de l’institution et présentera le moment venu une candidature à la hauteur.

« Le processus de sélection n’a même pas encore commencé. Le moment venu, l’Espagne proposera un candidat à la hauteur et nous communiquerons alors des informations. Il y a encore du temps », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Les qualifications de Hernández de Cos ne prêtent guère à discussion.

Il a dirigé la Banque d’Espagne de 2018 à 2024, siégeant durant toute cette période au conseil des gouverneurs de la BCE, présidé le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire de 2019 à 2024, pris les rênes de la BRI en juillet 2025 et arrive cette année en tête des enquêtes auprès d’économistes sur la personnalité la mieux préparée pour le poste de Francfort.

Pablo Hernández de Cos, directeur général de la BRI, la présidente de la BCE Christine Lagarde et le gouverneur de la Banque d’Italie Fabio Panetta lors de la réunion du CMFI, 17 octobre 2025 – AP Photo/Jose Luis Magana

La bénédiction du gouvernement est déterminante, alors que des informations antérieures laissaient entendre des hésitations à la Moncloa, liées aux tensions survenues pendant son mandat de gouverneur autour des prises de position critiques de la Banque d’Espagne sur les hausses du salaire minimum et des retraites.

Ces sources démentent catégoriquement cette version, affirmant que le ministère de l’Économie l’a toujours considéré comme la seule véritable carte de l’Espagne pour la présidence, une opportunité à ne surtout pas laisser passer.

Le soutien du gouvernement est loin d’être une formalité : aucun candidat au directoire de la BCE dépourvu d’appui national n’a jamais été retenu.

La présidence ou rien

Il y a toutefois un hic.

Pour Hernández de Cos, un départ de Bâle vers Francfort ne se ferait que pour le poste suprême, car le rôle qu’il occupe aujourd’hui fait qu’aucune autre fonction au sein du directoire de six membres de la BCE, y compris les postes de chef économiste et de responsable des opérations de marché, bientôt en discussion, ne constituerait un progrès dans sa carrière.

Si la présidence devait se révéler inaccessible, Madrid se tournerait vers un autre candidat pour décrocher un siège différent.

Actuellement, l’Espagne est totalement absente du directoire depuis la fin, cette année, du mandat de vice-président de Luis de Guindos, remplacé par le Croate Boris Vujčić, un vide que le ministère est décidé à ne pas revivre après l’absence de tout représentant entre le départ de José Manuel González-Páramo en 2012 et l’arrivée de de Guindos en 2018.

La possible démission anticipée de Christine Lagarde a resserré le calendrier, le débat sur sa succession devant s’intensifier après l’été.

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Des informations publiées en février indiquaient que Lagarde envisageait de partir avant l’élection présidentielle française d’avril 2027 afin que le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz puissent peser sur le choix.

Ce mois-ci, Lagarde n’a pas exclu un départ anticipé, déclarant aux Échos qu’« une voix européenne doit se faire entendre dans le débat de la présidentielle française », avant de préciser à Euronews : « Je ne suis candidate à rien. »

Le successeur de Lagarde, nommé pour un mandat de huit ans non renouvelable, sera désigné au terme d’une procédure où les ministres des Finances de la zone euro votent sur des listes de candidats à la majorité qualifiée, avant que les dirigeants de l’UE ne tranchent en dernier ressort. Il est toutefois arrivé que les chefs d’État et de gouvernement se mettent directement d’accord sur un seul nom, comme pour Lagarde elle-même.

À ce stade, Hernández de Cos est comparé au Néerlandais Klaas Knot et aux Allemands Joachim Nagel et Isabel Schnabel.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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