- Auchan prévoit de basculer en franchise, sous bannière Intermarché et Netto, ses quelque 300 supermarchés de l’Hexagone.
- Une opération qui doit permettre à Auchan de faire baisser les prix… mais qui inquiète les syndicats.
Les supermarchés Auchan, c’est bientôt terminé ? En difficulté depuis plusieurs années, le distributeur a annoncé ce mardi 25 novembre vouloir exploiter l’ensemble de ses quelque 300 supermarchés français (hors Corse) en franchise sous bannière Intermarché et Netto. Le projet, « soumis à l’autorisation préalable des autorités de la concurrence compétentes »
, pourrait « prendre effet fin 2026 »
, a précisé dans un communiqué Auchan, propriété de la famille Mulliez.
« Gagnant-gagnant » ou « coup de massue » ?
Concrètement, Auchan Retail, la branche distribution du groupe, envisage de créer une « entité juridique dédiée »
pour continuer à exploiter les magasins qui changeraient d’enseigne, via un contrat de franchise conclu avec Intermarché. « Les fonds de commerce, l’immobilier restent propriétés d’Auchan, les salariés restent des salariés d’Auchan, et on travaillera sous enseigne Intermarché, qui nous livrera les marchandises, la politique commerciale, le concept magasin et qui approvisionnera les magasins »
, a expliqué le directeur général d’Auchan Retail, Guillaume Darrasse.
« C’est quelque chose qui va nous renforcer »
, avec des supermarchés qui bénéficieront « d’emblée de l’ensemble des facteurs de compétitivité de l’enseigne Intermarché, y compris la capacité à offrir des prix performants aux consommateurs, ce qui est indispensable dans un marché de plus en plus compétitif »
, a justifié le patron du cinquième distributeur alimentaire en France en part de marché. « C’est gagnant-gagnant »
, a abondé le patron des Mousquetaires/Intermarché, troisième distributeur français, Thierry Cotillard, revendiquant un statut de « leader sur le format supermarché en France »
.
Les syndicats, eux, ne masquent pas leur inquiétude. La présentation du projet a provoqué « une onde de choc »
, a indiqué à l’AFP René Carette, délégué syndical central à la CFDT Auchan, selon qui « toutes les organisations sont sorties de la réunion suite à l’annonce »
. « Il y a un an, on nous annonçait un plan social
(avec près de 2.400 suppressions d’emplois, ndlr) et aujourd’hui coup de massue »
avec « 11.000 salariés sacrifiés »
, envoyés à la « concurrence avec leurs acquis sociaux en moins et une incertitude »
quant à leur reprise, s’est-il indigné.








