- Dans une étude publiée le jeudi 5 février, un singe a montré qu’il savait imaginer des objets.
- Les scientifiques considèrent cette observation « révolutionnaire » pour la définition de la nature humaine.
- Le singe étudié, Kanzi, était déjà connu pour d’autres études scientifiques.
« Vous reprendrez bien un petit peu de thé madame la marquise ? »
Certes, un singe (nouvelle fenêtre)ne pourra pas vous dire cette phrase… mais peut-être que l’on peut quand même jouer à la dînette avec eux ! C’est en tout cas ce que suggère une étude, publiée dans la revue scientifique Science
(nouvelle fenêtre)le jeudi 5 février. Elle rapporte que, pour la première fois, des scientifiques ont constaté que les singes pouvaient eux aussi jouer à faire semblant, démontrant que cette qualité n’est pas réservée à l’humain.
Les auteurs de l’étude, des chercheurs de l’université John Hopkins (Baltimore, États-Unis (nouvelle fenêtre)), ont mis en place trois expériences distinctes, qu’ils ont réalisées avec Kanzi, un bonobo habitué des expériences scientifiques, déjà connu pour jouer à Minecraft et savoir comprendre quelques mots d’anglais. Il est mort l’année dernière, à 44 ans. Durant la première expérience, Kanzi a montré qu’il comprenait le concept de jus de fruit (nouvelle fenêtre) imaginaire. Un scientifique versait du « jus » d’un pichet vide dans deux verres transparents (et donc vides), puis il reversait le « contenu » d’un des verres dans le pichet. Dans la majorité des cas, Kanzi indiquait dans quel verre se trouvait toujours le jus imaginaire.
Ça change la donne
Ça change la donne
Christopher Krupenye, co-auteur de l’étude, chercheur à l’université John Hopkins
Dans la seconde expérience, les scientifiques versaient du vrai jus dans un verre, et un jus imaginaire dans l’autre. Kanzi a su, dans une majorité des cas, montrer quel verre contenait du vrai jus et lequel était imaginaire. Dans la troisième expérience, les scientifiques ont, cette fois, mis des raisins imaginaires dans deux bols avant d’en vider un. Encore une fois, le singe indiquait le bol dans lequel il restait des raisins imaginaires.
Dans le journal britannique The Times
(nouvelle fenêtre), Christopher Krupenye, un des deux auteurs de l’étude, s’enthousiasme : « Ça change la donne (…). L’imagination a longtemps été considérée comme un élément crucial de la nature humaine, mais l’idée qu’elle ne soit pas exclusive à notre espèce est vraiment révolutionnaire. (…) Cela nous invite à remettre en question ce qui nous rend spéciaux et ce qu’est-ce qu’il y a dans la tête des autres êtres vivants. »
Dans son étude, lui et son co-auteur précisent : « Nos conclusions suggèrent que la capacité à se former des représentations secondaires d’objets fictifs fait au moins partie du potentiel cognitif d’un singe élevé dans un environnement humain, et qu’il remonte probablement à six ou neuf millions d’années, à nos ancêtres communs. »
L’étude doit, néanmoins, être poursuivie et appliquée à d’autres singes.














