« Ilôts de chaleur urbains », logements « bouilloires »: les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d’été, rappelle la Fondation pour le logement des défavorisés dans un rapport qui dresse un bilan des données disponibles.
Une combinaison de facteurs explique cette vulnérabilité, en premier lieu un urbanisme « propice au phénomène des îlots de chaleur urbains », avec l’emploi de matériaux qui exacerbent la chaleur comme le béton et l’asphalte, et peu d’espaces verts.
A titre individuel, les habitants des quartiers populaires présentent également un risque plus élevé d’être en mauvaise santé et disposent d’un plus faible niveau de revenus, ce qui fait qu’ils sont « moins en capacité d’acheter des équipements performants pour refroidir leur logement », note la Fondation.
A cela s’ajoute la configuration des appartements, souvent plus petits, avec un taux de suroccupation « trois fois plus élevé qu’ailleurs, davantage de nuisances sonores rendant difficile l’aération la nuit, plus de locataires, donc une moindre capacité à engager des travaux ».
Selon Eurostat, les plus pauvres sont « deux fois plus touchés » par la précarité énergétique que les plus riches, tandis qu' »un logement sur deux ne protège pas des fortes chaleurs et peut se transformer en véritable bouilloire », selon une étude de Pouget Consultants.
A Nanterre, Amal, intérimaire de 48 ans rencontrée par l’AFP, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, pointe du doigt sa fenêtre, au 8e étage d’une tour de logements sociaux, non loin des célèbres tours Nuages.
« Vous voyez, la couverture verte qui flotte ? C’est parce que j’ai pas de rideaux. Si je mets pas ça, le matin, ça chauffe trop. Déjà, en mai (pendant la première vague de chaleur, NDLR), je me sentais pas bien chez moi, même le soir. Ils doivent refaire l’isolation mais ça fait des années, ils ont rien fait », déplore-t-elle.
– « Peur pour mon bébé » –
« C’était déjà pénible d’être enceinte avec cette chaleur, mais là j’ai peur pour mon bébé », renchérit sa cousine, Souad, jeune maman de 26 ans. « Les conseils qu’on nous donne, de ne pas sortir, ça marche pour les beaux immeubles, nous il fait plus chaud à l’intérieur, même avec tout de fermé », explique l’étudiante par téléphone.
« Nous rencontrons beaucoup de femmes et d’hommes avec des problèmes de santé, qui s’aggravent avec la canicule. Leur appartement, qui se transforme en étuve, ne les protège pas et peut même aggraver la situation », souligne Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement, cité dans le rapport, pour qui les « politiques publiques ambitieuses se font dangereusement attendre ».











