Les prix demandés pour les logements au Royaume-Uni sont restés pratiquement inchangés en février après un début d’année solide, offrant ce que les analystes décrivent comme une possible fenêtre de stabilité pour les acheteurs nationaux comme internationaux, selon la plateforme d’annonces immobilières Rightmove.
Ces résultats sont importants, car les prix demandés figurent parmi les premiers indicateurs de l’orientation du marché, et la pause observée en février intervient juste après un mois de janvier exceptionnellement dynamique, ce qui laisse penser que les vendeurs testent le marché tandis que les acheteurs reprennent l’avantage.
« Malgré l’immobilisme des prix en février, la hausse record des prix demandés en janvier pour cette période de l’année fait qu’il s’agit malgré tout du début d’année le plus dynamique pour les prix demandés depuis 2020 », indiquait le dernier rapport de Rightmove.
Le marché a montré des signes de stabilisation, l’offre augmentant tandis que la demande des acheteurs s’essoufflait, le prix moyen demandé pour un bien nouvellement mis en vente ne reculant que de 12 £ (13,8 €) en février, à 368 019 £ (423 571 €).
Malgré cette accalmie, les prix restent en hausse par rapport à la fin de l’année dernière.
L’élan de ce début d’année reflète le regain de confiance des vendeurs après les incertitudes politiques de la fin de l’année 2025.
Le rapport souligne que davantage de propriétaires ont mis leur bien sur le marché, portant le nombre de logements disponibles à son plus haut niveau pour cette période de l’année depuis plus de dix ans.
« Le nombre de logements à vendre est au plus haut depuis onze ans pour cette période de l’année, offrant aux acheteurs davantage de choix et de pouvoir de négociation », poursuit le rapport.
Avec davantage de biens sur le marché et des taux de crédit immobilier en baisse par rapport à leurs pics de l’an dernier, l’équilibre du marché s’est légèrement déplacé en faveur des acheteurs.
Surtout, la progression des salaires a dépassé la hausse des prix de l’immobilier ces trois dernières années, améliorant le pouvoir d’achat immobilier en termes relatifs et faisant de « 2026… une bonne année pour acheter ».
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Les investisseurs basés dans l’Union européenne sont depuis longtemps attirés par l’immobilier au Royaume-Uni pour plusieurs raisons : le statut de Londres comme métropole mondiale, une forte demande locative dans les pôles universitaires et d’emploi, et l’image du pays comme un marché immobilier relativement transparent et régi par des règles claires.
Mais le chemin vers la propriété au Royaume-Uni est loin d’être sans embûches pour les investisseurs européens. Si la tendance des prix peut paraître stable, les coûts de transaction restent élevés, en particulier pour les acheteurs non résidents.
Pour les investisseurs européens, cette apparente stabilité des prix s’accompagne d’une série de pièges fiscaux et financiers qui peuvent rapidement gommer les avantages que l’on pourrait attendre de la récente accalmie sur les prix.
Les acheteurs étrangers doivent s’acquitter d’une surtaxe de stamp duty lors de l’achat d’un bien immobilier en Angleterre, tandis que ceux qui possèdent déjà un logement ailleurs sont également soumis à des taux majorés.
La stamp duty est un droit de mutation versé au gouvernement lors de l’achat d’un bien immobilier au Royaume-Uni, calculé par tranches en fonction du prix d’acquisition. Elle doit être payée peu après la finalisation de la transaction, ce qui suppose que les acheteurs disposent rapidement de liquidités, en plus de l’apport et des frais de notaire ou d’avocat.
Pris ensemble, ces éléments peuvent gonfler de façon significative le coût initial d’un achat, surtout dans les quartiers chers ou très recherchés.
Les acheteurs non résidents se heurtent aussi souvent à des critères d’octroi de crédit plus stricts, à des exigences d’apport plus élevées et à un choix plus limité d’hypothèques. Les fluctuations de change ajoutent une dose d’incertitude supplémentaire pour les investisseurs dont les revenus sont en euros.
Ainsi, un acheteur français qui acquiert un appartement à Londres pour 400 000 £ (460 380 €) dans une optique d’investissement peut se retrouver avec une facture bien différente de celle d’un primo-accédant local.
En tant que non-résident et acquéreur d’une résidence secondaire, il serait probablement soumis à la fois à la surtaxe applicable aux taux majorés et au prélèvement supplémentaire pour acheteurs étrangers, en plus des tranches standard de stamp duty.
Une fois ajoutés les frais juridiques, un apport plus important et les coûts de conversion de devise, le montant total de liquidités nécessaire à la conclusion de l’achat peut être nettement supérieur à ce que laisse penser le prix affiché, effaçant une grande partie de l’avantage apparent lié à la stabilité, voire à la légère baisse, des prix demandés.
ARCHIVES – Une pancarte indiquant une maison à vendre à Londres, le 3 novembre 2022. – AP Photo
Les conditions actuelles du marché traduisent également un environnement plus concurrentiel entre vendeurs, alors que les acheteurs sont moins nombreux qu’à la même période l’an dernier.
« La concurrence entre vendeurs reste à son plus haut niveau depuis onze ans et l’activité d’achat est inférieure à celle observée à la même période en 2025 », poursuit le rapport.
Ce ralentissement intervient après un début d’année 2025 particulièrement actif, où de nombreux acheteurs se sont précipités pour boucler leurs transactions avant les changements de stamp duty. En l’absence des mêmes échéances fiscales cette année, la demande est revenue à des niveaux plus habituels.
Les vendeurs semblent y répondre en maintenant les prix plutôt qu’en cherchant à les faire grimper davantage.
« Les vendeurs ont adopté une approche plus prudente en préservant les gains de janvier plutôt qu’en augmentant encore les prix, à un moment où la concurrence est forte et où le marché reste très sensible aux niveaux de prix », conclut le rapport.
Pour les acheteurs britanniques, la combinaison d’une offre plus abondante, de prix plus stables et de conditions d’emprunt en amélioration pourrait offrir de meilleures opportunités que ces dernières années.
Pour les investisseurs européens, toutefois, le coût d’entrée global reste autant déterminé par la fiscalité et les contraintes de financement que par le prix demandé lui-même.
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