lundi, juin 22

Les négociations de haut niveau menées à Lucerne en Suisse pour obtenir une fin permanente à la guerre en Iran se sont achevées tôt lundi, des discussions à un niveau inférieur étant prévues pour le reste de la semaine, l’Iran et les États-Unis ayant convenu de créer une « cellule de déconflictualisation » chargée de traiter les combats au Liban.

Dans un communiqué, les médiateurs pakistanais et qataris ont indiqué que cette cellule inclurait le gouvernement libanais et « veillerait au respect de la cessation des opérations militaires au Liban« .

On ignore encore si cela suffira à mettre fin aux combats entre le Hezbollah, soutenu par l’Iran, et Israël, qui occupe le Liban et affirme devoir garder les mains libres pour frapper les combattants qui lancent des attaques vers le nord d’Israël.

Les États-Unis n’ont pas immédiatement commenté le contenu de ce premier accord-cadre, tandis que l’Iran a salué le travail des médiateurs, qualifié par les médias d’État de « percée remarquable« .

Le vice-président américain Vance rencontre le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, lors de pourparlers de haut niveau visant à faire avancer un accord pour mettre fin à la guerre en Iran, Lucerne, Suisse, 21 juin 2026 – AP Photo

JD Vance et les négociateurs américains, parmi lesquels Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Trump, ont rencontré Mohammad Bagher Qalibaf et Abbas Araghchi pendant environ 80 minutes, selon les médias d’État iraniens.

Mais plus tard, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a écrit sur X que « la médiation inlassable du Pakistan et du Qatar a permis des avancées majeures pour mettre fin à la guerre au Liban« . Il a estimé que le premier « véritable test » des négociations serait la capacité de cette cellule de déconflictualisation à faire cesser les combats au Liban.

Ces discussions marquent le début d’un processus diplomatique de 60 jours visant à aboutir à un accord permanent pour mettre fin à l’offensive américano-israélienne contre Téhéran, déclenchée le 28 février mais encadrée par une fragile trêve depuis le 8 avril.

Les combats au Liban restent l’un des principaux points de blocage de l’accord, l’Iran ayant choisi de lier les hostilités en cours au Liban à tout accord de cessez-le-feu qu’il conclura avec les États-Unis.

Parallèlement, l’Iran a de nouveau fermé ce week-end le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis ont affirmé que le trafic continuait.

Un convoi transportant le vice-président américain JD Vance arrive au Bürgenstock Resort à Obbuergen, près de Lucerne, en Suisse, dimanche 21 juin 2026

Un convoi transportant le vice-président américain JD Vance arrive au Bürgenstock Resort à Obbuergen, près de Lucerne, en Suisse, dimanche 21 juin 2026 – Urs Flueeler/Urs Flueeler/Pool Keystone via AP

Les négociations avaient débuté dans un climat tendu dimanche en Suisse, Téhéran s’étant insurgé contre la menace d’attaque brandie par le président américain Donald Trump et son avertissement selon lequel le président iranien devait faire attention à ses propos.

« L’Iran doit immédiatement empêcher ses SUPPLÉTIFS très bien payés au Liban de semer le trouble », a écrit Trump sur les réseaux sociaux. « S’ils ne le font pas, nous frapperons l’Iran à nouveau très durement, comme nous l’avons fait la semaine dernière, mais encore plus fort !!!« 

Ces déclarations, faites à distance sur les réseaux sociaux et dans les médias, ont compliqué les efforts du vice-président américain JD Vance et des médiateurs pakistanais et qataris pour maintenir l’Iran engagé dans les discussions.

« Ils feraient mieux de faire attention à leurs déclarations« , a répliqué sur X le chef négociateur iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, après les propos de Trump.

« Nos forces armées sont prêtes à leur répondre d’une autre manière. Qu’ils continuent de parler, c’est nous qui agissons.« 

Un haut diplomate américain participant aux pourparlers, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour évoquer des discussions privées, a indiqué que la séance de dimanche avait notamment servi à clarifier ce que l’Iran entendait par ses récentes déclarations sur le détroit d’Ormuz.

Les négociateurs ont également évoqué des « mécanismes » pour garantir que le détroit reste ouvert et que le cessez-le-feu dans le sud du Liban soit respecté, ainsi que des discussions « approfondies » sur la question nucléaire.

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