vendredi, avril 24

  • La bonne dynamique de l’immobilier et l’élargissement du parc ne compensent pas le déséquilibre du marché.
  • Une étude, réalisée par la plateforme SeLoger, révèle que décrocher un appartement en location relève toujours du parcours du combattant, surtout à Paris, Toulouse ou Nice.
  • Les explications de Thomas Lefebvre, responsable des données de la plateforme.

En France, il reste toujours aussi délicat de se loger dans les grandes villes. Une étude, élaborée par la plateforme SeLoger (nouvelle fenêtre), montre que la tension locative se maintient à un niveau très élevé. Par rapport à avril 2021, le stock de logements disponibles à la location chute de 16%. À l’inverse, la demande s’envole de 42% sur la même période. Ces chiffres ne surprennent pas Thomas Lefebvre, responsable des données de SeLoger, interrogé par TF1info : « Depuis 2025, l’offre reste trop faible pour répondre à une demande encore élevée. »

Pourtant, une donnée positive : le nombre de biens mis en location sur les plateformes du groupe (SeLoger, Logic-Immo et Meilleurs Agents) bondit de 17% sur un an. Mais ces chiffres ne suffisent pas à résorber la crise : « La forte tension locative dans les grandes villes de France résulte de la mécanique cassée pour les primo-accédants. Le point de bascule entre le passage de la location à l’achat ne se fait pas. Les locataires restent plus longtemps dans leur logement et ne les libèrent plus pour laisser la place à des personnes plus jeunes, notamment. Cette tension n’est pas près d’être résolue.« 

Dans la capitale, l’offre de biens à louer s’est réduite de 67% en cinq ans

En guise d’explication, l’expert pointe un phénomène bien connu : la réduction du parc locatif privé au profit de logements mal utilisés. « Les logements vacants, les locations saisonnières, les résidences secondaires ou utilisés partiellement par les propriétaires se multiplient et détériorent l’offre locative. » Le manque de clarté sur la politique fiscale n’arrange rien : « Le manque de stabilité autour des différents dispositifs empêche les investisseurs d’acquérir de la pierre pour louer. Que deviendra le statut de loueur meublé non professionnel ? Il est encore trop tôt pour évaluer le dispositif ‘relance logement’, imaginé par le ministre du logement Vincent Jeanbrun, qui permet d’amortir jusqu’à 12.000 euros par an sur votre investissement locatif.« 

Prix des loyers en hausse

Localement, les situations varient. Parmi les métropoles françaises, la tension locative s’accroît à Paris, Nice, Marseille ou Toulouse. Dans la capitale, l’offre de biens à louer s’est réduite de 67% en cinq ans. À Nice, le stock de logements disponibles à la location a chuté de 69% entre 2021 et 2026. À Toulouse, la demande a doublé sur cette période. En revanche, la situation s’améliore légèrement à Bordeaux ou à Nantes. L’offre de logements à louer gonfle de 62% sur un an dans la cité du vin, de quoi permettre à cette ville du sud-ouest de revenir à un niveau proche de celui d’avril 2021. Plus au nord, dans la préfecture de Loire-Atlantique, l’offre progresse de 28% en un an tandis que la demande baisse de 38%. « Dans ces deux villes, nous enregistrons une forme de rééquilibrage après une forte hausse des prix d’achat entre 2015 et 2022 ; ils chutent pour revenir à des niveaux qui permettent davantage aux acheteurs de se lancer dans des projets« , analyse Thomas Lefebvre.

Cette tension fait grimper le prix des loyers. Au niveau national, ils enflent de 2,5%. C’est 0,6 point de plus que l’inflation. Paris voit les loyers exploser de 3,5% en moyenne. « L’offre se dégrade de 15% en un an et l’encadrement des loyers reste partiellement respecté. Plusieurs études montrent qu’entre 30 et 50% des propriétaires n’appliquent pas cette loi« , remarque le spécialiste. Le responsable de la plateforme note néanmoins que la lutte contre la prolifération du business des locations Airbnb commence à porter ses fruits : « Cette plateforme ne contribue plus à détériorer l’offre locative. Certaines grandes villes prennent des mesures pour limiter les nuitées et les propriétaires en tiennent compte. »

Geoffrey LOPES

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