LETTRE DE NEW DELHI
Les Indiens aiment les pigeons, passionnément, toutes religions confondues. Musulmans comme hindous et bien sûr jaïns, ces dévots qui vouent un respect absolu au vivant. Un peu partout dans Delhi et les grandes métropoles, des marchands attendent le client avec leurs sacs de graines au milieu d’une nuée de pigeons dans des lieux parfois improbables, sur des ponts ou des ronds-points, à défaut de vraie place.
Hindous et jaïns nourrissent les volatiles dans un acte de piété et de compassion, tandis que dans Old Delhi les kabootarbaazi, les maîtres pigeonniers, élèvent et dressent des volatiles, prolongeant une tradition héritée de la période moghole. Du XVIe au XVIIIe siècle, les pigeons étaient utilisés pour transporter lettres d’amour et messages par les souverains et les nobles musulmans. On raconte que l’empereur Akbar, grand passionné, possédait lui-même une collection personnelle de 20 000 pigeons.
Des compétitions entre kabootarbaazi continuent d’être organisées entre novembre et février dans le capharnaüm d’Old Delhi. Des centaines de pigeons, lâchés des terrasses des ruelles étroites et sinueuses de la vieille ville, concourent dans des vols de distance.
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