- Les deux premiers tomes de la saga « Game Changers » de la Canadienne Rachel Reid, qui ont inspiré la série HBO Max à succès « Heated Rivalry », sont prêts à séduire les lecteurs francophones.
- Les attentes sont grandes autour de ces romances queer, qui sont tirées à 100.000 exemplaires chacune, en vue de leur sortie ce jeudi 28 mai pour l’une, le 18 juin pour l’autre.
- Julie Cartier, directrice générale des éditions Chatterley, nous livre les petits secrets de cette adaptation brûlante.
Leur coup de foudre a réchauffé bien des cœurs, l’hiver dernier à la télévision. Les hockeyeurs amoureux de Heated Rivaly
s’invitent enfin dans les librairies francophones avec la sortie des versions françaises des deux premiers tomes de la saga Game Changers
de la Canadienne Rachel Reid, qui ont inspiré la série phénomène de HBO Max. Déjà publiés en France il y a quelques années, ces romans étaient alors restés confidentiels malgré un large succès dans les pays anglo-saxons, avec plus de 3,7 millions d’exemplaires vendus rien qu’en Amérique du Nord. La diffusion de la série n’a fait que décupler l’intérêt pour ces histoires d’amour queer entre sportifs.
Game Changers
, qui met en scène la rencontre aussi tendre qu’explosive entre la star du hockey Scott Hunter et le jeune barista Kip Grady, est disponible ce jeudi 28 mai. Heated Rivalry
, qui narre l’intense relation entre les joueurs ennemis Shane Hollander et Ilya Rozanov, sera mise en vente le 18 juin. Aussi torrides l’un que l’autre, les deux romans sont tirés à 100.000 exemplaires chacun, révèle à TF1info la maison d’édition Chatterley. Un signe de plus de l’engouement dingue qui entoure ces ouvrages. De l’achat des droits à la traduction, en passant par le changement de couverture, sa directrice générale, Julie Cartier, ouvre à TF1info les coulisses d’une publication qui devrait remettre plus d’une personne à la lecture.
On a créé un binôme de traducteurs parce qu’on savait qu’il n’y avait pas beaucoup de temps. Ils n’ont eu que trois mois pour travailler
On a créé un binôme de traducteurs parce qu’on savait qu’il n’y avait pas beaucoup de temps. Ils n’ont eu que trois mois pour travailler
Julie Cartier, directrice générale des éditions Chatterley
Comment avez-vous découvert la saga Game Changers
, à laquelle appartient Heated Rivalry
?
Je ne connaissais pas les livres de Rachel Reid. J’ai 54 ans et je dois vous dire que mon fil Instagram ressemble davantage à celui d’une jeune fille entre 17 et 25 ans depuis que je travaille dans la romance (rires)
. Un week-end de début décembre, je vois passer quelques images de la série, qui était alors uniquement diffusée sur la plateforme canadienne Crave. Ça m’a d’autant plus intriguée que j’ai découvert, parmi les commentaires très enthousiastes, qu’il s’agissait de l’adaptation de livres. J’ai commencé à fouiller, fouiller, fouiller. J’ai acheté les versions anglaises en e-book et j’en ai lu deux dans le week-end. Il fallait que je trouve l’agent qui avait les droits de la saga en France. Et je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé à La Nouvelle Agence, à qui j’avais déjà acheté des romances sportives.
La bataille a-t-elle été difficile pour obtenir les droits ?
Il n’y en a pas eu ! Le lundi matin, j’ai contacté l’agence pour savoir si la saga était disponible en France. Elle m’a répondu que c’était incroyable parce qu’elle s’apprêtait à contacter tout le monde pour prévenir que les droits étaient libres. Je lui ai dit de ne rien envoyer à personne et je me suis positionnée tout de suite. J’étais déjà complètement fan. J’ai fait une offre sur les six tomes de la série et deux autres ouvrages de Rachel Reid d’un coup.
Avez-vous eu beaucoup de demandes de fans avant même d’annoncer votre acquisition ?
Des lectrices nous avaient posé la question, oui. Beaucoup d’éditeurs canadiens nous ont aussi demandé si nous allions les traduire en français. Parce que c’est un trésor national, maintenant au Canada ! Quand on a dit que ça serait publié chez nous en janvier, le jour où HBO Max a annoncé que la série serait diffusée en France, on a reçu beaucoup de messages très sympas pour nous dire : « On est trop contents que ce soit vous ! »
Il y a tous les genres de romances chez Chatterley. On a déjà pas mal de romans sportifs qui fonctionnent bien. Notre politique éditoriale, c’est plus d’inclusivité et plus de visibilité pour d’autres schémas de relations amoureuses. On a de la romance queer, gay, trans, des harems inversés, des trouples… On fait une sélection très forte et on ne publie que ce qu’on aime, soit 25 à 30 livres par an.
Au-delà du phénomène né autour de la série, pourquoi les romans de Rachel Reid vous ont-ils tapé dans l’œil ?
Si les livres de Rachel ont rencontré le succès en Amérique du Nord, et on espère qu’ils connaîtront le même en France, c’est parce qu’ils abordent de façon très fine des sujets de société importants. Ses romans évoquent le racisme, l’homophobie, le déracinement et l’exil. Ils posent aussi certaines questions : est-ce qu’on doit faire un coming out parce qu’on est gay ? Comment faire son coming out ? En dehors de la romance, ces livres montrent à la fois toute la toxicité du milieu sportif de haut niveau, mais justement aussi une masculinité hyper positive dans tous les tomes, avec des hommes qui expriment leurs sentiments et qui se respectent. Le consentement est exprimé avant, pendant et après de façon, certes ultra sexy, mais en même temps très directe. C’est important d’entendre ça, ça permet de déclencher des discussions.
La saga s’appelle toujours Game Changers
dans sa version française, « ceux qui ont changé la donne »
. Pourquoi avoir conservé les titres originaux ?
On garde en général les titres anglais parce que ce sont des mots courts et très directs. Le lectorat de la romance est assez habitué à ça. On reprend souvent aussi les couvertures mais ça n’a pas été le cas ici. On a créé les nôtres. Les Anglo-saxons ont pour habitude de représenter les personnages avec des illustrations. Mais ça peut être une image différente de celle que s’imaginent les lecteurs. L’autre point, c’est que les personnages sont désormais tellement associés aux acteurs qui les interprètent qu’on ne voulait pas les dessiner non plus. Notre directeur artistique a trouvé ce subterfuge avec une vue de haut, qui permettait de cacher les visages. Et je l’ai trouvée sublime !
La traduction a été très rapide…
Merci de le noter. On a créé un binôme de traducteurs parce qu’on savait qu’il n’y avait pas beaucoup de temps. Ils n’ont eu que trois mois pour travailler, jusqu’au rendu en mars. Pascal Raud est français mais est installé au Québec depuis trente-cinq ans. Éléonor Kempler vit en France, son fils joue au hockey. Au départ, on voulait qu’ils travaillent ensemble pour que le texte soit lisible à la fois par des Canadiens francophones et des Français. Mais on s’est rendu compte assez vite qu’il y avait deux choses irréconciliables entre le français du Canada et le français de France : le sexe et le hockey ! En français canadien, une crosse, c’est un bâton et un palet est une rondelle, par exemple. Un bleuet, c’est une myrtille. Les anglicismes ne sont pas les mêmes non plus. Si on avait fait des compromis, ça aurait donné une lecture moyenne, donc on a changé notre fusil d’épaule. Ils ont traduit chacun un livre, que l’autre a adapté ensuite.
Les prochains tomes arriveront à la rentrée et début 2027
Il y a bien un changement majeur que les puristes n’ont pas manqué de remarquer : la narration se fait au présent en français, et non plus au passé, comme en anglais. Pourquoi ce choix ?
C’est une discussion qu’on a eue avec l’autrice et c’est une décision qu’on a prise en accord avec elle. En anglais, ils utilisent le prétérit. En français, on aurait donc dû avoir recours au passé simple, ce qui impliquait l’utilisation du subjonctif imparfait et du futur antérieur, donc des tournures plus lourdes. Or, Rachel a un style très direct et cru. Elle ne tourne pas autour du pot, il n’y a pas tellement de périphrases. On a essayé le passé composé, mais ça cassait aussi le rythme de narration. C’était plus immersif de passer le roman au présent, qui nous permet d’être vraiment dans l’action.
En février sur Instagram, vous dévoiliez que l’ensemble des couvertures de la saga formerait le drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBT+. Pouvez-vous nous révéler les dates de sortie des tomes suivants ?
Le tome 3, Tough Guy
, sortira en octobre et le 4, Common Goal
, en novembre. Le 5, Role Model
, et le 6, The Long Game (qui poursuit l’histoire de Shane et Ilya après
Heated Rivalry, ndlr)
, sont attendus pour le premier semestre 2027, mars et avril.
De quoi sans doute coïncider avec l’arrivée de la saison 2 de Heated Rivalry
sur HBO Max, qui adaptera The Long Game
…
Exactement !
Rachel Reid est également en train d’écrire Unrivaled
, un troisième roman centré sur Shane et Ilya, attendu pour le 1ᵉʳ juin 2027. Peut-on envisager une sortie simultanée en France ?
Tout dépendra de la date à laquelle elle peut nous rendre le manuscrit mais c’est l’idée, oui ! On va essayer.
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Game Changer de Rachel Reid – 486 pages, 19,99 euros en grand format ou 11,99 euros en format numérique
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Heated Rivalry de Rachel Reid – 468 pages, 19,99 euros en grand format ou 11,99 euros en format numérique – disponible le 18 juin











